Le Gruau Escapade 2000, encore plus badass que le GMC de Barracuda !

L’Aventure Gruau dispose, sur le site industriel Gruau de Saint-Berthevin, à la périphérie de Laval, d’une collection d’une trentaine de véhicules qui ont jalonné l’histoire de cette carrosserie : bus, fourgons, camping-car, ambulances, utilitaires. Elle montre aussi différentes tentatives de séduction de constructeurs avec des déclinaisons typées loisirs de véhicules de tourisme. Le projet le plus frappadingue ? L’Escapade 2000.

Avouez qu’il n’y a pas de challenge plus difficile que de rendre un brin sexy, désirable ou que sais-je encore un banal véhicule utilitaire. L’engin le plus baroque ? L’Escapade 2000, un concept-car présenté au Salon de l’Auto de Paris en 1982. Ou comment transformer un banal utilitaire en voyageur de luxe… et cabriolet. Encore plus badass que le GMC noir à flèche rouge de Barracuda dans L’Agence tous risques ! L’Escapade 2000 représente bien son époque : clinquant, tape-à-l’oeil… Faut que ça brille ! C’est ce qu’on demande à un show car présenté sur un des plus grands salons européens.

Difficile de distinguer au premier coup d’oeil l’origine de ce concept-car. Gruau part d’une base Peugeot J5/Citroën C25 alors fraîchement commercialisé. Ce duo d’utilitaires français est un rejeton de l’accord PSA-Fiat signé en 1978, à la suite d’une première coopération dans le domaine de l’utilitaire débouchant dès 1974 sur la production en Italie, chez Fiat, du Fiat 242 et de son pendant français, le Citroën C35. L’accord de 1978 est matérialisé par la création d’une société conjointe, Sevel, et la construction d’une usine dans le sud de l’Italie, à Val di Sangro, à Atessa. Elle entre en service en 1981 pour fabriquer les Fiat Ducato, Peugeot J5, Citroën C25, plus petits que les Fiat 242 et Citroën C35. C’est par exemple l’occasion, pour Citroën, de refermer le chapitre du vieux Type H. D’autres badges sont apposés sur ces nouveaux utilitaires : Alfa Romeo, avec l’AR6, et Talbot, qui vendra l’engin sous le nom d’Express en Grande-Bretagne.

Cette base moderne est idéale pour Gruau qui oriente dans les années 1980 sa stratégie industrielle vers l’adaptation de véhicules de tourisme, et la transformation de véhicules utilitaires. Si Fiat et PSA proposent des déclinaisons minibus de leur utilitaire commun, jamais une version aussi délurée ne verra le jour. Gruau frappe donc un grand coup au Salon de Paris 1982.

En France, le public n’est pas habitué à voir une telle transformation sur la base d’un utilitaire. Il faut attendre 1984 et la diffusion à la télévision de la série L’Agence tous risques pour comprendre qu’un simple van légèrement modifié peut devenir assez fun. Mais, chronologiquement, la « création » de Barracuda verra le jour après la naissance de l’Escapade 2000. On retrouve de chaque côté de l’Atlantique des codes communs. Mais l’Escapade va nettement plus loin que le GMC de Barracuda. Normal : c’est un concept-car, qui n’a pas vocation à être aussi malmené que le van noir à flèche rouge des mercenaires ex-soldats.

L’exemplaire unique, stocké à l’Aventure Gruau, est dans un état de conservation remarquable. A l’extérieur, déco à l’américaine avec jantes alu, peinture intégrale plusieurs tons, strippings latéraux, jupe avant gavée d’antibrouillards, ailes élargies, déflecteurs à l’avant, peinture trois tons à dominante marron métallisé, rétroviseurs profilés, prises d’air sur le capot et calandre intégrale à lamelles qui recouvre les feux. D’ailleurs, l’optique originelle rectangulaire des C25 et J5 est remplacée par un phare rond. Quant à la barrette regroupant les veilleuses et les clignotants, elle est disposée verticalement, et non plus horizontalement.

Un toit ouvrant surplombe les passagers à l’avant, tandis qu’à l’arrière, un imposant aileron sert également de support pour des antennes. L’échappement latéral parachève l’idée que le bloc moteur fait parler la poudre. A l’arrière, une roue de secours apparente est recouverte d’une housse blanche.

Les deux portes à l’avant ont été supprimées. On accède à l’habitacle par un portillon unique situé côté droit. Pour pénétrer dans un salon roulant composé de sept confortables sièges en simili cuir blanc individuels et inclinables, équipés d’accoudoirs. La moquette est claire. L’espace est baigné de lumière en raison de la modification des panneaux latéraux qui permet d’installer la capote. Car l’Escapade 2000 est un vrai cabriolet disposant d’une capote en plusieurs parties. Mêmes les vitres latérales à l’avant sont remplacées par des bâches.

Parmi les défaut évidents de la bête ? Zéro visibilité à l’arrière, l’étanchéité du compartiment arrière à vérifier, les opérations de capotage/décapotage probablement chronophages et dignes d’un casse-tête, ou encore l’entretien des fauteuils blancs que l’on imagine fastidieux. Difficile d’évaluer la rigidité du fourgon amputé d’une bonne partie de son toit. En revanche, pour le sens du spectacle, c’est carton plein !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s