ESSAI – La Citroën C4 Cactus est iconoclaste et le restera

Avec le C4 Picasso de deuxième génération, la C4 Cactus a posé les bases du nouveau design décalé de la marque. Un dépoussiérage s’imposait pour mieux la repositionner dans la gamme.

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Étrange destinée que celle de la C4 Cactus. Née crossover compact iconoclaste en 2014 avec des choix stylistiques et économiques en décalage complet avec le reste de la gamme, elle est repositionnée au milieu de son cycle de vie, en phase avec la nouvelle stratégie de la marque : le rôle du petit crossover est maintenant dévolu au C3 Aircross, qui remplace le C3 Picasso, ex-minispace urbain, un genre plus vraiment vendeur. Quels sont donc l’horizon et la raison d’être de la nouvelle C4 Cactus ?

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Pensée pour lutter contre les Renault Captur et Peugeot 2008, elle est maintenant envoyée au front pour prendre la place qui sera laissée vacante par la C4 classique, dont la production s’arrête au printemps. Ce qui impose une montée en gamme pour ne pas risquer la cannibalisation avec le C3 Aircross, et pour batailler avec les Peugeot 308, Renault Mégane et Volkswagen Golf. Gros challenge, donc, pour coller à ce peloton situé plus haut en gamme, conservateur, et archi concurrentiel.

La C4 Cactus conserve ses armes de base, à savoir l’originalité, qui se retrouve partout, y compris dans l’habitacle qui ne ressemble à aucun autre. Mais certaines outrances ont été gommées. La C4 Cactus reste figée à 4,17 m de longueur, plus proche du Captur que de la Mégane. Le restylage touche presque tous les éléments de carrosserie, harmonisant le design avec celui des C3, C3 Aircross et C4 Picasso. Les feux sont élargis, les feux à led aussi, dorénavant reliés aux chevrons. La calandre est redessinée, tout comme les boucliers.

Adieu les Airbumps

La C4 Cactus est débarrassée de nombreux plastiques extérieurs, dont les Airbumps, présentés comme une idée géniale en 2014 contre les petits chocs urbains. Idée tellement géniale que les fameux coussins d’air sont supprimés au profit de protections classiques en plastique rigide au bas des portières. Exit aussi les barres de toit. La C4 Cactus rentre dans le rang mais détone toujours. Il faudra s’habituer à se positionnement hors des sentiers battus, et axé sur le confort. Voilà trois ans que Citroën cultive cet angle d’attaque attribué par le groupe PSA.

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Les liaisons au sol sont rarement retouchées lors d’un restylage mais Citroën fait exception en greffant à la C4 Cactus, qui ne souffrait pas vraiment d’inconfort notable, des amortisseurs à butées hydrauliques progressives (sauf sur le petit moteur essence de 82 chevaux) censées apporter un effet de tapis roulant… sans avoir recours à la suspension hydropneumatique, envoyée définitivement au musée. Ce système de butée absorbantes lisse les aspérités de la route mais génère aussi un effet de pompage quand les ondulations sont plus importantes. Un choix technologique par ailleurs plus coûteux qu’une solution conventionnelle au moment du remplacement des amortisseurs.

Citroën enfonce le clou en proposant en option de nouveaux sièges constitués de mousses revues et plus épaisses, façon sofa, avec une décoration très agréable à l’œil et pour tout dire assez zen quand les coloris sont clairs. Même en haut de gamme Shine, ces sièges sont optionnels (350 €) puisque couplés au garnissage spécifique plus sympa que le classique gris de série.

Avec les nouveaux amortisseurs, l’adoption de grosses roues de 17 pouces passe comme une lettre à la Poste et la tenue de caisse reste d’un très bon niveau, alors qu’on aurait pu craindre une souplesse trop importante dans les appuis, et une prise de roulis excessive. Il n’en est rien et la C4 Cactus reste agréable à mener, même en exploitant des bonnes dispositions du vigoureux 3-cylindres turbo essence de 130 chevaux, qui apparaît dans la nouvelle gamme comme le 1.6 BlueHDI de 120 chevaux, pour muscler son jeu. Bizarrement, le diesel reste celui d’ancienne génération, et la Cactus n’a pour l’instant pas le droit au tout nouveau 1.5 récemment introduit sur la Peugeot 308.

Performant, agréable, sobre, le 3-cylindres fait bon ménage, en version 110 chevaux, avec la nouvelle boîte automatique EAT à six rapports, très douce. Seules les vibrations à l’arrêt et au redémarrage, à l’activation du Start and Stop, prêtent le flanc à la critique, tout comme la brutalité de la remise en action au lever de pied de la pédale de frein. Plutôt gênant en ville. Dommage car le confort est de bon niveau. L’insonorisation est revue au niveau du plancher, du tablier moteur, les vitres sont plus épaisses.

La C4 Cactus fait preuve de davantage de savoir-vivre que la précédente mouture en revenant sur des choix autrefois hasardeux. Il est maintenant possible de rabattre les rétros électriquement, les vitres avant sont à commande électrique impulsionnelle, la banquette arrière est rabattable, ce qui n’était pas le cas sur les premiers modèles.

En revanche, les vitres arrières restent seulement entrebaîllantes, les coûts étant trop importants et les délais trop courts, selon Citroën, pour revoir la structure des portes arrière, qui auraient imposé de nouveaux tests de résistance aux chocs. Au rang des mesquineries, citons aussi l’absence de miroir de courtoisie côté passager, l’absence de store occultant le toit vitré fixe en option, ou l’absence de réglage de hauteur des ceintures de sécurité à l’avant. En revanche, bon point sur la mise à jour technologique avec l’essentiel des aides à la conduite disponibles

Quant à l’habitabilité et au volume de coffre, en étant corrects, ils restent un cran en dessous des cotes des berlines compactes plus longues. Jusqu’à son remplacement par un tout nouveau modèle, la C4 Cactus devra donc composer avec cette position inconfortable, qui la place à mi-chemin entre les SUV compacts et les berlines compactes, toujours plus raffinées et soignées. Heureusement, ses tarifs, qui enflent à cause d’un équipement enrichi, restent à distance des références de cette catégorie, de l’ordre de 2 500 € en moyenne.

Logiquement et raisonnablement, les rivales de la C4 Cactus, qui ne démérite pas, sont donc à chercher du côté des SUV compacts.

Oh oui !

  • Originalité
  • Confort
  • Boîte automatique douce
  • Sobriété

Oh non !

  • Détails pratiques
  • Beaucoup de plastiques durs
  • Vibrations à l’arrêt et au redémarrage
  • Sièges Advanced Comfort en option.

Citroën C4 Cactus 1.2 Puretech 110 EAT 6 Shine

  • 24 000 € ; gamme à partir de 16 950 €
  • 3 cylindres turbo essence, 1 199 cm3
  • 110 ch à 5 500 t/mn
  • Couple 205 Nm à 1 500 t/mn
  • Vitesse maxi 188 km/h
  • 0 à 100 km/h en 10’’9.
  • Consommation homologuée : 5,3 l/100 km.
  • Émissions de CO2 : 119 gr/km.

Équipement de série

  • Accès et démarrage mains libres
  • Caméra de recul
  • Jantes alliage 17 pouces
  • Climatisation automatique
  • Écran tactile 7 pouces et navigation
  • Pack Drive Assist
  • Aide au stationnement avant

Dimensions

  • Longueur 4,17 m
  • Largeur 1,71 m
  • Hauteur 1,48 m
  • Coffre 348 litres
  • Poids 1 070 kilos

 

 

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