L’ex-Rolls-Royce Corniche décorée d’Eric Cantona trône à l’hôtel Molitor

L’hôtel Molitor, à Paris, construit sur les ruines de l’ex-piscine art-déco, a ouvert ses portes en 2014. Il s’est choisi une ambassadrice de choix, qui trône toujours dans l’entrée : une art car pas comme les autres, puisqu’il s’agit de l’ex-Rolls-Royce Corniche d’Éric Cantona.

img_6151Piscine publique prisée des Parisiens entre 1929 et 1989, Molitor est devenue, sitôt désaffectée, un haut-lieu de la culture urbaine et underground, que les gaffeurs se sont approprié. L’hôtel Molitor, construit sur les ruines et la mémoire de la piscine, a fait sienne une partie de cette histoire artistique et accueille régulièrement des artistes du monde entier, qui peuvent s’exprimer dans les cabines du bassin d’hiver. Histoire d’accentuer cette touche, l’hôtel a installé dans son hall d’accueil, entre la porte d’entrée et la vue sur le bassin d’été, une œuvre d’art qui l’est devenue presque par hasard : une Rolls-Royce Corniche cabriolet passée entre les mains d’un street-artiste new-yorkais.

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Cette Rolls-Royce Corniche bleue métallisé de 1984, immatriculée 126 BCK 13, à la sellerie cuir quelque peu usée, a été la propriété d’Éric Cantona. En novembre 2012, l’ex-footballeur et comédien l’amène sur le plateau du Grand Journal, sur Canal + et durant l’émission, elle est décorée par le street-artiste JonOne, alias John Perello. Le but de la manœuvre : faire de cette voiture exceptionnelle mais vivotant dans le purgatoire du monde de la voiture d’occasion un engin unique, qui sera offert à la Fondation Abbé-Pierre.

Le 22 janvier 2013, elle est proposée lors d’une vente aux enchères par Artcurial. Mise à prix 20 000 euros, elle est enlevée par un collectionneur pour 125 000 euros. Somme qui met un peu de beurre dans les épinards de la Fondation qui œuvre pour les plus démunis, et qui met un coup de projecteur sur l’engagement de Cantona, et les actions de la Fondation Abbé-Pierre.

Depuis l’ouverture de l’hôtel Molitor, la voilà qui marque l’accès à ce lieu étonnant et un brin élitiste.

La Corniche est un monument du luxe qui a balayé deux décennies. Basée sur la Silver Shadow, présentée en 1965, la Corniche est sa déclinaison coupé ou cabriolet, annoncée en 1967. Construite à partir de 1971 chez le carrossier Mulliner Park Ward, elle disparaîtra du catalogue de Rolls-Royce qu’en 1995 : vingt-quatre ans, un âge canonique pour la belle anglaise, qui restera sans véritable concurrence.

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En 1984, année de production de celle exposée à Molitor, la Corniche est équipée d’un V8 de 6 750 cm3 utilisé également par la Silver Spirit (qui remplace en 1980 la Silver Shadow) et la Camargue. Sa puissance ? Non divulguée par Rolls-Royce, comme de coutume à cette époque-là. Disons qu’elle était selon le constructeur « suffisante » pour déplacer ce paquebot de 5,20 m et 2.350 kilos jusqu’à 190 km/h. Seule certitude, la carte grise affichait 54 chevaux fiscaux. Le tarif de la Corniche en 1984 ? 1 182 400 francs. Un peu en-dessous des 1 421 330 francs demandés pour acquérir un coupé Camargue.

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Pour situer le niveau tarifaire de la bête, c’est la deuxième voiture la plus chère vendue en France, après la Camargue. La même année, les voitures françaises les plus chères sont la Citroën CX Prestige (148 100 francs) et l’Alpine A310 V6 (151 000 francs). Une BMW M6.35 CSI demande 377 330 francs, un coupé Mercedes 500 SEC 422 700 francs, une Porsche 928 S boîte auto 374 922 francs. Un cran au-dessus, la Ferrari BB 512 est vendue 604 000 francs et la Lamborghini Countach 724 500 francs. Seule l’Aston Martin Lagonda était en mesure de rivaliser, niveau élitisme, avec un tarif catalogue de 1 021 800 francs.

En fin de carrière, la Corniche IV affichait un tarif de 1 768 919 francs, une puissance de seulement 225 chevaux et pouvait filer à 210 km/h. À cette allure, on ne s’étendra pas sur l’autonomie et la vitesse à laquelle doit se vider le réservoir de 108 litres. Le constructeur annonçait une consommation normalisée de 11,5 l/100 à 90 km/h, 13,9 l/100 à 120 km/h et une consommation urbaine de 26,3 l/100. Vertigineux…

PHOTOS BENOÎT FAUCONNIER

 

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