ESSAI – Volkswagen Amarok : un V6 ou rien

Ça s’agite, dans le tout petit marché des pick-up. En France, 15 000 de ces utilitaires sont vendus chaque année, et l’effervescence guette avec l’entrée en lice du Fiat Fullback et du Renault Alaskan. Mercedes s’annonce aussi sur le segment. L’occasion pour le VW Amarok de se remettre au goût du jour après six ans de carrière.

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Les séries télé américaines des années 1980 ont contribué à forger une forme de culture automobile à celles et ceux qui flirtent avec les quarante ans. Toi aussi tu sauras sans doute mettre un titre de série face à ces modèles : Ford Gran Torino, Pontiac Firebird, Ferrari 308, Dodge Charger… On a un peu trop tendance à oublier le pick-up GMC de Colt Seavers, l’Homme qui tombe à pic : bicolore, surélevé, avec d’énormes arceaux chromés et les feux longue portée. C’est probablement lui le premier qui a dû brouiller mes repères : cette bagnole-là n’a rien d’un vulgaire utilitaire ! Même Marty Mc Fly, dans Retour vers le futur, n’avait d’yeux que pour un pick-up, un Toyota Hilux noir.

Fondamentalement, le pick-up est avant tout une machine de pro. Même topo en Europe où les fans du genre réclament d’année en année des prestations qui se rapprochent des berlines, ou au moins des SUV. Les rois du monde en termes de pick up, les constructeurs japonais, ont vu les assaillants affluer, dont Volkswagen avec l’Amarok, en 2010. Voilà le pick-up allemand arrivé au restylage de mi-carrière. Esthétiquement, le restylage de ce mastodonte de 5,25 m de long est léger et concerne les boucliers à l’avant, la calandre, le dessin des feux. L’Amarok gagne à l’intérieur une planche de bord complètement renouvelée qui ne se distingue des SUV classiques que par ses plastiques durs.

L’Amarok reste un utilitaire, et la confusion est entretenue par le fait que Volkswagen veut faire de son pick-up un véritable engin premium. Après six ans de commercialisation, VW a observé que les Amarok vendus l’étaient majoritairement dans des finitions hautes, richement équipées et donc coûteuses. Pas question de changer de cap. Une version Aventura, disponible un temps limité sur l’Amarok restylé, illustre cette stratégie, avec un équipement complet, qui inclut des jantes alu de 20 pouces, des sièges en cuir électriques, la caméra de recul, un système de navigation haut de gamme, des arceaux couleur carrosserie… Un équipement classique sur un SUV haut de gamme. Mais sur un pick-up…

Comme si cela ne suffisait pas, la refonte mécanique passe par l’intégration de moteurs V6 3.0 TDI, déclinés en trois puissances : 163, 204 et 224 ch. Pourquoi les quatre-cylindres sont-ils passés à la trappe ? Officiellement, ils ne passeraient pas les normes antipollution. Dans la réalité, le marketing a dû s’en mêler et le fait de proposer des V6 aux clients permet de matérialiser une montée en gamme certaine, déjà aperçue avec l’arrivée du nouveau Tiguan.

Sur la route, le choix du V6 est judicieux tellement l’agrément impressionne, malgré un poids général qui dépasse les 2 tonnes. Onctueux, c’est le compagnon idéal pour tracter un van à chevaux, un bateau, une voiture de collection ou de course sur un plateau. Ambiance premium, on vous dit ! Coupleux (550 Nm), le V6 TDI de 224 ch, dérivé du bloc qui équipe l’Audi Q7, est un athlète qui fait bondir le lourd Amarok de 0 à 100 km/h en moins de 8 secondes. Il est accompagné d’une boîte auto à huit rapports (avec palettes au volant) que ne renierait pas une grande limousine. Un choix imposé par la cavalerie : cette boîte auto ZF encaisse le couple, ce que ne permet pas la boîte à) double embrayage DSG.

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La première est très courte, et en ville, on évolue facilement en sixième aux vitesses réglementaires. Un vrai gentleman, et aussi une formidable voire surprenante machine à voyager sur autoroute. Ce n’est pas le terrain le plus excitant, mais l’Amarok y est très à l’aise. A condition d’accepter une consommation moyenne qui ne s’abaisse pas à descendre sous la barre des 10 l/100 km. Le gentleman sait aussi se salir les jantes de 20 pouces. Toutes les aides électroniques à la conduite associées à la transmission intégrale sur cette version haut de gamme permettent à l’Amarok de se sortir de très nombreuses mauvaises passes.

Si Volkswagen insiste sur cette version haut de gamme, la démocratisation arrivera un peu plus tard : ceux qui ne veulent pas de la surenchère d’équipement et de gros cubes mais qui tiennent au blason VW pourront s’offrir au premier semestre 2017 une finition Trendline. Avec pare-chocs noirs et calandre simplifiée, on jurerait de face qu’il s’agit d’un Dacia Duster ! À venir aussi : le V6 de 163 ch en boîte manuelle six vitesses et en propulsion 4X2. La transmission à quatre roues motrices enclenchable sera elle aussi disponible, avec la boîte manuelle.  Les modèles choisis en boîte auto sont systématiquement associés  la transmission à quatre roues motrices 4Motion permanente.

L’Amarok Aventura en met donc plein les yeux, mais il convient de ne pas négliger la finition Carat, nettement plus en phase avec les visages multiples de l’engin : l’équipement reste riche avec la sellerie cuir, la navigation et autres raffinements. Le look s’accommode très bien des jantes de 18 pouces. Moins de bling-bling et une économie de près de 4.000 € à la clé (41.700 € HT contre 45.980 € en finition Aventura).

Sur le bitume, le comportement de l’Amarok reste celui d’un paquebot mesurant plus de cinq mètres de long et pesant plus de deux tonnes. Le confort est plutôt bon, même si les ressorts à lame à l’arrière rappellent qu’à vide, la benne a tendance à sursauter. Comme dans un fourgon, ce choix prend tout son sens en cas de chargement. Tous les pick-up sont soumis à cette loi. Logiquement, l’agilité n’est pas non plus le point fort de la bête. Tout comme l’habitabilité à l’arrière, prévue pour le transport de passagers en  dépannage.

Pourtant, la tentation est forte d’aller au-delà de la vocation utilitaire de l’Amarok. Homologué précisément comme un véhicule utilitaire, l’Amarok échappe au malus écologique et à la taxe sur les véhicules de société. C’est pour ça que les chefs d’entreprise l’aiment tant… Et hop, environ 8 000 € économisés en tenant des quelque 200 gr d’émissions de C02 de l’Amarok. Il échappe à la sanction, qui n’épargnera pas un véhicule particulier.

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Oh oui !

  • Onctuosité du V6
  • Performances
  • Pas de malus écologique
  • Équipement complet

Oh non !

  • Encombrement
  • Poids
  • Tarif coquet

Volkswagen Amarok 3.0 V6 TDI 224 Aventura

  • 45.980 € hors taxes.
  • Gamme Amarok à partir de 34 880 € hors taxes (Confortline TDI 204 BVA8).
  • 6 cylindres en V, turbo-diesel à injection directe
  • 2 967 cm3
  • 224 ch de 3.000 à 4.500 tr/mn
  • couple 550 Nm entre 1.400 et à 2.750 tr/mn
  • Vitesse maxi, 193 km/h
  • 0 à 100 km/h en 8 secondes.
  • Consommation homologuée : 7,8 l/100 km.
  • Émissions de CO2 : 204 gr/km.

Équipement de série

  • Jantes alu 20 pouces
  • Sellerie en cuir partiel Nappa
  • Navigation GPS Discover Media
  • Climatisation automatique
  • Surface de chargement de la benne noir Durabed
  • Caméra de recul
  • Volant en cuir multifonctions et palettes de changement de vitesse
  • Sièges Ergo-confort à réglages électriques
  • Feux bi-xénon et feux de jour led

Dimensions

  • Longueur 5,25 m
  • Largeur 1,95 m
  • Hauteur 1,83 m
  • Surface de chargement : 2,52 m2
  • Poids 2.078 kilos
  • Poids remorquable freiné : 3.500 kilos

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