Caisses de ciné – Qui a dit : « On peut tracer une Audi Quattro sur Paris-Lyon » en parlant d’une Citroën BX ?

Bon, faut avouer, dans le genre quiz facile, on ne pouvait pas faire mieux. La Citroën BX n’avait aucune chance de devenir une voiture star de ciné… avant que Jean-Marie Poiré et Christian Clavier ne jettent leur dévolu sur elle pour Opération Corned Beef, sorti au cinéma début 1991. Voiture incomprise, film incompris… Le combo était inévitable.

corned beef

Dans les années 1990, le tandem composé de Jean-Marie Poiré et de Christian Clavier, prolifique pour pondre des comédies populaires, a un certain penchant pour les destructions de voitures sur grand écran. Avant Les Visiteurs et Les Anges Gardiens, Opération Corned Beef cultive l’art de la cascade. Partenaire de ce jeu de massacre : Citroën, qui a accepté un scénario où la BX se fait martyriser. C’est pour mieux placer l’ensemble de sa gamme.

Reprenons au début : le Squale (Jean Reno), un agent de la DGSE, doit démanteler un trafic d’armes et débusquer une taupe au sommet de l’Etat. Une interprète (Valérie Lemercier) a prévu de partir en week-end avec son mari, Jean-Jacques Granianski (Christian Clavier) à un moment clé des investigations. Le couple est torpillé par une maîtresse (Isabelle Renauld) elle aussi agent secret, qui n’est autre que la compagne du Squale. Ce que le Squale ignore…

corned beef 2

Première apparition du double chevron : une Citroën AX 5 portes est chargée d’emmener Jean Reno à l’Elysée. Oui oui, Jean Reno, grosse baraque, dans une AX de 3.50 m de long… Un plan en contre-plongée le film assis à l’arrière de l’AX, son képi sur la tête. Sous-entendu : quelle merveilleuse habitabilité… A la DGSE, pourtant, ils n’ont rien trouvé de mieux qu’une valeureuse AX pour convoyer un de leurs champions…

La BX, c’est celle de Jean-Jacques Granianski, que le psychologue en entreprise et fumeur de pipe a achetée neuve, et qu’il tente de garer avec mille précautions. Une BX qui, au fil du périple, ne cessera de se délabrer. D’abord rouée de coups (toit ouvrant et aile arrière) par le Squale, furieux et jaloux. Malmenée nerveusement par le Squale, qui roule à 140 sur une deux fois deux voies en plein rodage, elle est l’objet de cette merveilleuse réplique de Christian Cavier : « Notez, elle dépote. Quand elle est débridée, on peut tracer une Audi Quattro sur Paris-Lyon. C’est un vrai bolide, cette voiture ! »

Suit l’excès de vitesse, le contrôle de police où l’on voit la Citroën BX garée parmi les voitures des autres contrevenants : des BMW, une Mercedes 190, une Jaguar XJ, une Porsche 911… Sa descente aux enfers, la BX la vit aussi en descendant d’un camion plateau à l’aéroport d’Orly, en perdant son hayon découpé par le Squale pour libérer Granianski. Fait prisonnier dans le coffre, il tente de prendre un peu d’air en perçant un trou dans le hayon en question avec un tournevis… Cette bonne vieille BX toute neuve finit achevée au lance-roquettes après une poursuite dans un champ de tournesols.

Au final, la BX est vite oubliée quand Granianski négocie une info de la plus haute importance. Il exige le remboursement intégral de sa BX 16 « rouge Delage »… avant de se raviser et de négocier une XM. C’est celle du général Masse (inénarrable Jacques François) qui fera office de monnaie d’échange. Cette XM est visible deux fois dans le film : dans un parking souterrain, puis sur le parking du Parc Astérix, où Granianski « teste » les vitres et les sièges électriques. Notons qu’il ne s’agit pas là de la première apparition cinématographique de la XM. Elle a été utilisée dans Les Ripoux, avec Thierry Lhermitte et Philippe Noiret, dès son lancement, en 1989.

Dernière Citroën visible dans le film : un C25 vitré qui transporte le général Moulin (Jacques Dacqmine) dans son fauteuil roulant.

Et la BX 16 rouge Delage « star », dans tout ça ? C’est une 16 TGS, issue d’une gamme légèrement remaniée en 1990. La BX a été présentée fin 1982. Elle profite d’un restylage en 1986, avec nouveaux boucliers, nouveaux clignotants avant arrondis et blancs, et planche de bord totalement redessinée. En 1990, la BX qui a déjà sept ans de carrière, voit ses feux arrière remaniés, avec partie supérieure noire, et inférieure rouge. De nouveaux enjoliveurs de roue et de nouvelles appellations tentent de la maintenir en forme. Ainsi, la BX 16 TGS succède à la BX 16 RS. Elle est équipée du moteur 1.580 cm3 à carburateur simple corps, qui passe à 94 ch. Le couple, lui, atteint 14 Mkg à 2.800 tr/mn. Un moulin suffisamment costaud pour déplacer (très) correctement une voiture qui pèse seulement 950 kilos !

A l’été 1990, cette BX 16 TGS est vendue, hors options, 87.800 francs. Jean-Jacques Granianski a payé son toit ouvrant électrique 3.775 francs.La XM V6 du général Masse, elle, affichait un prix catalogue de 206.000 francs, au même moment.

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