ESSAI – Smart Fortwo & Forfour 1.0 71, l’aubaine urbaine

Voilà plus de quinze ans que Smart balade dans les grandes villes la silhouette de sa micro-citadine biplace. La troisième génération ne bouleverse pas la donne, même avec une conception partagée avec Renault.

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Les Parisiens ont l’habitude de voir des Smart garées perpendiculairement à la chaussée, faufilées entre deux autos dans le sens de la longueur, elles. L’astuce sera sans doute reconduite avec la dernière mouture de la Smart Fortwo, qui conserve le format de poche de sa devancière : 2,69 m, c’est l’arme fatale en ville, qui fait d’ailleurs tout le sel de cette puce des villes. Étudiée en collaboration avec Renault, elle revient doublée d’une grande sœur à cinq portes et quatre places, la Forfour, plus longue de 80 centimètres, véritable jumelle technique de la nouvelle Renault Twingo.

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La Fortwo, elle, ne perturbera pas ses inconditionnels, malgré l’apparition d’un «vrai» capot qui brise la ligne monovolume qu’on lui connaissait. C’est toujours une propulsion à moteur arrière, comme à l’origine. Élargie de dix centimètres, elle en profite pour offrir une bien meilleure largeur aux coudes. L’écartement des roues avant permet même d’accroître leur angle de braquage, et de réduire à 6,95 m la place nécessaire pour faire un demi-tour complet. C’est 1,80 m gagné par rapport à l’ancienne Fortwo, largement perceptible côté conducteur, avec cette bluffante impression de pivoter assis sur un tabouret.

Cette largeur accrue ne peut être qu’un avantage en matière de prestations routières. Las, ce n’est pas avec le moteur 1.0 atmosphérique de 71 ch que les avancées sont mises en évidence. Ce tout nouveau trois-cylindres, clone du moteur 1.0 SCE 70 ch de la Twingo,  manque cruellement de souffle, et tremblotte trop au ralenti. On en vient à supplier l’intervention du système Stop&Start. À peine convaincant en ville, même pas sobre, il ne tient pas la comparaison avec le 0.9 turbo de 90 ch nettement moins poussif, mais plus cher de 1 100 €. Et dire qu’une version dégonflée de 60 ch est au programme…

Le partenariat avec Renault impose aussi, sur la Fortwo, la disparition de la boîte robotisée, lente, des anciennes versions. Les accros à l’absence de pédale d’embrayage devront patienter un peu avant de retrouver leurs petits, puisqu’une boîte à double embrayage à six rapports, façon EDC de Renault, est attendue dans le courant de cette année.

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Ça leur laisse tout le temps de composer une Fortwo à la carte, qui conserve ses fondamentaux à l’extérieur (deux couleurs, avec la cellule « Tridion ») et à l’intérieur : une déco fraîche et délurée, qui souffle le chaud et le froid : bien pour les sièges intégraux (pas gênants puisqu’il n’y a pas de passagers derrière à la vue bouchée) et le système multimédia proéminent. Moins bien pour la reprise d’éléments de la nouvelle Twingo, déjà vus dans des Renault il y a dix ans.

Reste à voir comment le tissu recouvrant la planche de bord vieillira avec le temps. Le mieux possible, espérons, car Smart cultive une forme d’exclusivité tarifaire. Sans demander la lune, une Fortwo correctement équipée, en finition Passion (avec clim auto et système multimédia tactile), demande 12 800 €.

Un choix défendable mais comme souvent chez Smart, la tentation des petits plaisirs optionnels est grande. Pour 2 100 € de plus, la finition Prime sera sans doute la plus demandée, avec un toit panoramique, les feux de jour et arrière à leds, une sellerie cuir et un système de navigation, cousin du R-Link de Renault.

Quelques astuces pratiques agrémentent enfin le quotidien : un petit tiroir dans la console centrale est accessible côté droit. Carton rouge en revanche au système d’ouverture du capot avant, ou plutôt de la trappe de service, identique à celui de la Twingo, peu pratique et digne d’un casse-tête peu solide en apparence de surcroît.

L’accès au coffre conserve une ouverture en deux parties. Celle du bas est rabattable d’une seule main, et renferme un petit compartiment.

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Le coffre de la Fortwo est plus logeable que celui de la Forfour, en configuration de base : 260 litres contre 180. La voilà, la grande nouveauté de cette troisième génération : la version à cinq portes, qui n’a plus rien à voir avec la « première » Forfour (2004-2006), vaine tentative, à l’époque, de diversifier la gamme. Elle avait sa propre identité stylistique, des moteurs plus costauds, et une habitabilité plus convaincante.

La nouvelle Forfour n’est ni plus ni moins qu’une Fortwo rallongée. Les 80 cm supplémentaires sont renvoyés sur l’empattement, permettant l’adoption d’une banquette arrière à deux places. La Forfour partage la base technique de la nouvelle Renault Twingo, et aussi ses chaînes de montage, à Novo Mesto, en Slovénie, alors que la nouvelle Fortwo reste fidèle à son berceau lorrain d’Hambach.

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La Forfour tentera de séduire les petites familles fidèles à l’univers Smart. Sans miracle toutefois, malgré des efforts certains. Smart a voulu une auto très modulable, avec un siège avant droit rabattable permettant d’accueillir un objet long de 2,21 m.

Pour gagner quelques litres de capacité de chargement dans le coffre (au-dessus du moteur, à découvrir en enlevant simplement six vis à main), il est possible de redresser les dossiers de la banquette arrière : astucieux, mais pas sympa pour les éventuels passagers arrière. Lesquels apprécieront pourtant une ouverture des portes arrière à quasiment 90 degrés. Bien vu, surtout pour « charger » des enfants en bas âge.

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Et le look, dans l’histoire ? Chacun jugera, mais l’empattement semble exagérément long (2,49 m) eu égard à la longueur totale de la voiture (3,50 m), plus courte de dix centimètres que la Renault Twingo. Les porte-à-faux sont autant réduits à néant que sur la Fortwo. D’où cette silhouette « étirée » moins harmonieuse que celle de la Twingo. Et, comme dans la Française, les sièges arrière d’un seul morceau génèrent un désagréable sentiment d’étouffement, en bouchant la visibilité vers l’avant.

Mécaniquement, c’est le même topo que la Fortwo, sauf que le moteur le plus recommandable, le 0.9 turbo de 90 ch, n’est pas encore disponible dans la Forfour. Il faut donc se contenter pour l’instant du 3-cylindres 1.0 de 71 chevaux, franchement poussif, à l’étagement de boîte de vitesse pénalisant gravement les reprises.

En mettant les deux autos côté-à-côte, la Fortwo emporte finalement davantage l’adhésion, au terme de l’essai : presque seule au monde dans son concept, elle affirme sa différence, par sa compacité, tandis que la Forfour se fond davantage dans la masse, et doit batailler avec une concurrence affûtée : la Twingo et les triplettes Citroën C1, Peugeot 108 et Toyota Aygo défendent aussi chèrement leur peau en ville.

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Oh oui !

  • Rayon de braquage
  • Design intérieur et décoration délurés
  • Compacité

Oh non !

  • Moteur poussif
  • Mécanique vibrante
  • Confort ferme
  • Tarifs élevés

Smart Fortwo 1.0 71 ch Prime

  • 14 900 €
  • Moteur essence 3-cylindres, 999 cm3
  • 71 chevaux à 6 000 tr/mn
  • Couple 91 Nm à 2 850 cm3
  • Vitesse maxi : 151 km/h
  • 0 à 100 km/h en 14,9 secondes
  • Consommation mixte homologuée : 4,1 l/100
  • Emissions de CO2 : 93 gr

Équipement de série

  • Sellerie cuir
  • Système multimédia avec navigation
  • Jantes alu 15 pouces
  • Toit panoramique
  • Feux de jour et feux arrière à leds
  • Aide au stationnement

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