Toyota Mirai : la voiture à hydrogène produite en série arrive demain

Son nom peut prêter à sourire, en France, et son design est déjà loin de faire l’unanimité. Mais que cache réellement la Toyota Mirai ? Cette berline qui fonctionne à l’hydrogène, à l’aide d’une pile à combustible, n’est pas une pionnière à proprement parler, mais Toyota entend la diffuser à grande échelle. Voilà qui rappelle une certaine Prius, qui, en 1997, expérimentait la technologie hybride, aujourd’hui bien installée dans le paysage… mondial.Toyota Mirai Fuel Cell (7)

Un look comme celui-là, ça ne s’oublie pas. Pas forcément pour les bonnes raisons.Toyota récidive, en habillant une nouvelle technologie d’une robe pour le moins décalée. Souvenez-vous la Prius première génération, en 1997… Partant du principe qu’une technologie nouvelle doit être visible au premier coup d’oeil, Toyota devait frapper fort au moment de lancer sa première voiture à hydrogène produite en série, disponible au Japon dès le 15 décembre, puis aux USA et en Europe en 2015 et 2016.

Toyota Mirai Fuel Cell (2)

Pour l’automobiliste, c’est une double rupture (technologique et stylistique) qui donne l’impression que les constructeurs engagés dans les technologies alternatives refusent de mettre toutes les chances de succès commercial de leur côté. Imposer, ou du moins démocratiser un nouveau système de propulsion n’est déjà pas simple en soi. Si les convertis potentiels refusent ce design tranché et peu discret (qui a fait tache d’huile), c’est, dans le cas de la Mirai, vingt ans de recherche et dix ans de test, pour reprendre les chiffres d’Akyo Toyoda, qui seront encore plus longs à rentabiliser. Ou alors les constructeurs prennent garde à ne pas séduire trop vite les amateurs et curieux d’une technologie peu mature, et donc sans cesse en mouvement.

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Toyota a mis quinze ans avant de proposer sa technologie hybride dans des carrosseries conventionnelles, les Yaris et Auris HSD. Et les chiffres de vente s’envolent, incitant les amateurs d’hybride effrayés par le look de la Prius à franchir le pas. Dans le cas des Peugeot Ion, Renault Zoe, Nissan Leaf, Chevrolet Volt, ou encore BMW I3, difficile d’estimer le poids de leur design « clivant » dans leur diffusion relativement faible. Le prix et la faible autonomie (sans range extender) de ces autos électriques étant aussi des freins clairement répertoriés.

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Avec la Mirai, les compteurs ne vont pas s’affoler trop rapidement, car l’équation est complexe.

1. Une technologie naissante

La Toyota Mirai fonctionne à l’hydrogène. La technologie est ancienne et hante les centres d’études de nombreux constructeurs. Peu osent la produire en série. Une auto à hydrogène est propulsée par un moteur électrique, dont l’électricité nécessaire est produite à partir d’hydrogène (stocké dans des réservoirs) et d’oxygène. Seul résidu fabriqué : de la vapeur d’eau. Le stockage de l’hydrogène et la chaleur produite sont eux problématiques sérieuses, que Toyota affirme maîtriser.

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2. Les défauts de l’électrique gommés… mais il faut le faire savoir

Tout véhicule « Fuel Cell » est électrique, et la douceur de ce mode de fonctionnement est préservée. Mais les clichés ont la vie dure. Depuis l’émergence de la voiture électrique, deux de ses principaux défauts se sont ancrés dans l’esprit du consommateur, à savoir autonomie réduite et temps de recharge trop long. Dans le cas de la Mirai, Toyota avance une autonomie de 480 kilomètres environ, et un plein d’hydrogène effectué en trois minutes.

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3. Le prix

Toyota annonce pour le Japon un tarif d’environ 50 000 euros. En Allemagne, ce devrait être autour de 66 000 euros, hors TVA.

4. Le design

Chacun appréciera, ou pas. En dehors de toute considération stylistique, en Europe, les dimensions de la Mirai (4.89 m de longueur) et le profil à trois volumes ne sont plus vraiment recherchés, sauf dans le haut de gamme. Ce que Toyota ne pratique pas, sauf par le biais de sa branche premium Lexus. Par ailleurs, la Toyota Mirai est une stricte quatre places.

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5. Une diffusion au compte-gouttes

Toyota envisage une production de série, mais pas à des cadences infernales. La Mirai sera disponible au Japon dès le 15 décembre, le marché américain suivra en 2015. Ce sera septembre 2015 pour l’Europe : au Royaume-Uni, en Allemagne et au Danemark (pour un volume annuel estimé entre 50 et 100 voitures par an). D’autres marchés seront desservis à partir de 2017.

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6. Les infrastructures de recharge

Gros frein au développement de l’hydrogène, et sensiblement la même problématique que pour la voiture électrique classique sur batteries. Qui pour installer le réseau de recharge ? Le constructeur ? Les pouvoirs publics ? Les opérateurs privés de fourniture d’énergie ?

7. La concurrence

Bizarrement, elle est déjà là, à pointer le bout de sa calandre. Hyundai dispose dans son catalogue d’un SUV iX 35 (identique esthétiquement au modèle thermique) Fuel Cell, produit en quantité limitée. La vraie menace vient de Honda, qui annonce lui aussi le lancement en série d’un modèle à hydrogène dès 2016 au Japon et aux Etats-Unis. Les Japonais sont déjà passer à l’après électrique sur batteries. Mais avant de passer à l’hydrogène, les automobilistes du monde entier voudront sans doute franchir un palier en passant à l’hybride rechargeable ! De là à dire que Toyota a pris quinze ou vingt ans d’avance…

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