EN IMAGES – Le Rodéo-car de Bourecq, ou comment mettre à mort des épaves en s’amusant

Le Rodéo-car club de l’Artois ne vit que pour un seul événement par an : le rodéo-car de Bourecq, entre Béthune et Lillers, dans le Pas-de-Calais. Un champ, prêté par un agriculteur, une soixantaine de pilotes un peu cintrés, quelques ballots de pailles et des dizaines de voitures en fin de vie suffisent à faire déplacer, début septembre, plusieurs milliers de spectateurs.Seul le spectacle des tête-à-queue, des tonneaux et des sorties de piste compte.

Faire du rodéo, ou du stock car, n’importe qui peut s’y mettre. Un permis B, une licence spéciale, et c’est parti, à en croire Michel Benteyn, le président du Rodéo-car club de l’Artois. Et la voiture à mettre à mort comme un taureau, au cours d’épreuves sans pitié ? Ce n’est pas ce qui coûte le plus cher, raconte Guillaume, un concurrent. « En général, on récupère des voitures roulantes, gratuitement, par le bouche-à-oreille« , explique ce fan de propulsions, et de BMW en particulier. Il en a plusieurs, de la Série 3 à la vielle Série 7.

Rodéo car de Bourecq (63)

Son écurie compte aussi des citadines hors d’âge, dont une Ford Fiesta. « C’est plus rigolo« , estime-t-il. En rodéo, il n’y a pas de catégories. Les grosses berlines peuvent se trouver aux côtés de petites citadines. Et ce n’est pas forcément les plus imposantes qui gagnent à la fin. Mais les règles, c’est quoi, au fait ? Le vainqueur est l’un des derniers qui reste sur la piste. Faire faire des tonneaux au voisin, ou le virer de la piste, ça, c’est le fondement du rodéo.

Le circuit n’a pas un grand développement. A Bourecq, c’est un petit ovale, avec quelques bosses,histoire d’assurer le spectacle. Car le maître-mot, c’est le show : des moteurs qui hurlent, les tôles qui se heurtent. Les tonneaux, c’est la cerise sur le gâteau. Le tout pour 7 euros comme tarif d’entrée pour les spectateurs. Un peu cher, mais le show est tellement rare !

A Bourecq, chaque manche d’une dizaine de minutes est disputée par douze voitures lancées sur la piste. Les manches se succèdent jusqu’à une sorte de finale, dont les vainqueurs s’affrontent pour une « destruction finale », en face-à-face. Une vraie mise à mort d’autos qui furent toutes neuves, dans les années 1980/190. Méconnaissables aujourd’hui.

Rodéo car de Bourecq (37)

Toutes les voitures doivent subir une cure d’amaigrissement : vitres, optiques doivent être retirés, tout comme les garnitures intérieures. Ce n’est pas pour gagner du poids, mais pour une question de sécurité Dans l’absolu, un volant et un siège suffisent. Le tableau de bord peut rester. Une cage de survie doit être conçue dans l’habitacle, et un étai côtoie le pilote, qui doit avoir sa tenue réglementaire. Sinon, c’est l’exclusion. Les portes aussi doivent être renforcées, ou remplies aux trois quarts de béton. Enfin, le réservoir d’origine doit être remplacé, et la batterie migre dans l’habitacle, boulonnée.

« Une préparation, si on est un peu mécano et qu’on arrive à avoir des pièces, ça coûte entre 50 et 200 euros« , raconte Guillaume. Accessible, en effet. Les voitures, on l’a dit, sont en général récupérées pour rien. Guillaume vient de mettre la main sur une Renault 25 GTX. De la corrosion sur le circuit de freinage et une porte trop abîmée, et difficile à remplacer, l’ont recalée au contrôle technique.

« Et vous dites aux gens ce que va devenir leur voiture ? » « Oui, et ça les fait rire« , répond Guillaume. Un gâchis ? Avant d’être déshabillée et repeinte, la R25 GTX « parlait » encore : c’est-à-dire que la synthèse vocale de l’ordinateur de bord fonctionnait toujours, après presque trente ans de vie…

Rodéo car de Bourecq (8)

On trouve de tout sur la piste : des Peugeot 205 en pagaille, un Renault Express, une Fiat Tipo, quelques Citroën AX, des ZX. Une Peugeot 605 aussi, des 405, une VW Golf III. Plus rares : une Opel Calibra, des Opel Kadett trois volumes. Les Renault Clio sont de première et de deuxième génération. La personnalisation passe surtout par la peinture, et la présence de sponsors écrits à la peinture noire… Certains ont essayé la déco extérieure : un poisson Nemo gonflable sur le toit d’une Renault 19, une bite géante en plastique sur le toit d’une Peugeot 309… Ca suffit pour amuser le public. Pas autant que les tonneaux, bien entendu. Alors, il y a bien une technique ? Oui, mais elle est gardée par un druide qui ne la transmet que de pilote à pilote… Tout au plus sait-on qu’il faut taper à un endroit précis du véhicule qu’on veut sortir, après un petit coup de freinage et de gaz qui peut lever l’adversaire…

Reste une règle d’or, qui n’est écrite nulle part, mais qui est sacrée dans le milieu du rodéo : les petits nouveaux n’ont pas intérêt à jouer les gros bras et à faire les marioles. Mieux : les pilotes les plus assoiffés de spectacle sont récompensés par des coupes. C’est ça, la base du rodéo : de la castagne pour rire, avec des voitures qui auraient de toute façon fini désossées dans une vulgaire casse.

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