Vingt ans avant la Renault Zoé… C’était comment la Clio électrique ?

Tous les espoirs de Renault semblent dorénavant reposer sur la Zoé pour donner du corps à son ambitieux programme électrique. Avant elle, une autre citadine au losange a illustré les envies électriques de Renault. C’était la Clio, il y a une vingtaine d’années. La Zoé est-elle mieux armée que son aînée pour convaincre ? Petit retour en arrière…

Elektro ClioC’est en 1991, au Salon de Francfort, qu’apparaît la toute première version électrique « présentable » de la Clio, à peine commercialisée. C’est l’Elektro-Clio, développée avec l’Allemand Siemens. Une voiture qui se distingue par… sa boîte mécanique à quatre vitesses, et par un dynamisme tout relatif. En 1991, il faut à la bête 27,7 secondes pour abattre le 400 mètres départ arrêté. La commercialisation de l’Elektro-Clio est envisagée en 1993.

Les promesses en matière de ruptures technologiques (bien que l’auto électrique soit une très vieille connaissance) étant rarement tenues, la Renault Clio électrique revient timidement sur le devant de la scène en 1995. Histoire de ne pas laisser le champ libre à PSA, qui, un an plus tôt, industrialisait avec et chez Heuliez la Citroën AX électrique, puis la Saxo et la Peugeot 106 électrique ? Toujours est-il que la commercialisation de la Renault Clio zéro émission est annoncée pour octobre 1995. Une Clio thermique électrifiée, en somme.

Le moteur électrique, sous le capot avant, est alimenté par 298 kilos de batteries au cadmium-nickel, placées sous les sièges arrière et dans la partie inférieure du coffre. Le surpoids à l’arrière est encaissé par un essieu arrière de Renault Express, et par un renfort de structure. D’après Renault, à l’époque, l’autonomie de la Clio électrique est de l’ordre de 70 à 90 km. En pratique, compter une cinquantaine de kilomètres selon la façon de conduire. Encore fallait-il s’accomoder de performances que l’on qualifiera pudiquement de moyennes : 95 km//h en vitesse maxi, et le 0 à 50 km/h exécuté en 8,5 secondes. Le tout dans un silence aussi royal que dans une Zoé d’aujourd’hui.

Clio électriqueEn 1995, la Clio était livrée avec un câble de recharge domestique permettant de ravitailler sur une prise 16 ampères/heure en six à huit heures. Ce à quoi la Zoé n’a eu droit que sur le tard ! A l’époque, le raccordement ne s’effectuait pas par un branchement dissimulé derrière le losange de la calandre, mais par une trappe située sur le côté droit. Contrairement à la Zoé, la Clio électrique chauffait son habitacle à l’aide d’un réservoir de quinze litres d’essence !

Et le tarif dans tout ça ? A peu près aussi clair qu’aujourd’hui, entre le prix de la voiture, la location des batteries, et une « subvention » d’Etat. Dans le cas de notre Clio électrique : 97.000 francs pièce, à comparer aux 81.000 francs pour s’offrir une AX électrique, et aux 90.000 francs pour une 106 électrique. A titre de comparaison toujours, une Clio 1.4 RT (le niveau d’équipement équivalent à l’électrique) demandait 90.300 francs, et une Clio 1.9 D RT se vendait 97.000 francs.

En réalité, les 97.000 francs de la Clio électrique, tenaient compte d’une déduction : 10.000 francs alloués par EDF à Renault. L’acheteur, lui, avait droit à une aide gouvernementale de 5.000 francs. Mais au final, comme dans le cas d’une Zoé aujourd’hui, le conducteur est propriétaire d’une voiture sans batteries. A l’époque, les batteries de la Clio électrique étaient louées 840 francs par mois, avec option d’achat. Pour Renault, les batteries étaient valorisées à hauteur de 59.000 francs.

Reste encore la question de la consommation, et donc des tarifs du plein de jus : sur une prise domestique suffisamment calibrée, le plein pour 60 km était facturé entre 9 francs (tarif de nuit) et 15 francs (tarif de jour). La même autonomie étant couverte par 27 francs de gazole sur la Clio diesel, et et 50 francs de sans-plomb dans la Clio essence. Avantage net de l’électricité, donc… mais complètement  annihilé par le tarif de la location des batteries. Tout ça à une époque où le litre de SP 95 valait 5,65 francs, et celui de gazole environ 3,85 francs…

Clio Praxitele

La Renault Clio électrique a connu son petit instant de gloire en étant intégrée à une expérimentation de voiture en libre-service, mise en place à Saint-Quentin-en-Yvelines. Le programme Praxitèle prévoyait une cinquantaine de voitures en auto-partage, et notamment des recharges par induction sur des parkings spécifiques. L’expérience a fait long feu : une vingtaine de mois, entre 1997 et 1999. Au total, entre 1995 et 2000, en France, 253 Clio électriques ont été immatriculées par des particuliers, selon l’ADEME.

 

 

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