Mia Electric liquidée : fin de l’aventure pour la puce de Cerizay

Ce mercredi matin, le tribunal de commerce de Niort a prononcé la liquidation judiciaire de Mia Electric, placée en redressement il y a un mois. Deux cents emplois sont concernés par cette annonce, qui signe la fin de l’aventure pour l’attachante petite Mia, qui a connu une histoire quelque peu mouvementée.

Mia Electric Le tribunal de commerce de Niort avait placé il y a un mois Mia Electric en redressement judiciaire, avec une période d’observation de six mois. Un mois a suffi pour que la justice livre son verdict : la liquidation judiciaire pure et simple. La trésorerie toujours exsangue, sans apport de nouveaux fonds, la production toujours à l’arrêt faute de livraisons de pièces par des fournisseurs non payés ont condamné Mia Electric, qui avait toujours des difficultés à payer ses salariés.

Le tribunal estime que la situation de l’entreprise « ne permet pas d’envisager la présentation d’un plan puisque toute poursuite de l’activité se traduirait par une augmentation du passif et que l’entreprise ne dispose pas de la trésorerie nécessaire pour faire face aux délais nécessaires« , indique l’agence Reuters.

Malgré des prix cassés peu après l’arrivée du nouvel actionnaire principal Focus Asia, les ventes de la Mia ne se sont pas envolées. Les différents projets (Mia découvrable et à pile à combustible, pour étendre l’autonomie) n’ont pas eu le temps de voir le jour.

Mia ElectricMia Electric est né à l’été 2010 du découpage d’Heuliez, alors en redressement judiciaire, faute de fonds éternellement promis mais jamais apportés par l’actionnaire de l’époque, le groupe Bernard Krief Consulting. Un industriel allemand avait repris l’activité véhicules électriques d’Heuliez, et un Français, BGI, avait repris l’activité de carrosserie. Deux sociétés distinctes avaient alors été créées. Dont Mia Electric, détenue à 12 % par le conseil régional de Poitou-Charentes.

Depuis, le fiasco a été complet. Heuliez a été liquidée, et le dernier coup de presse a été donné le 31 octobre 2013. Une société d’économie mixte, la Fabrique régionale du bocage, a été constituée à l’initiative de la région Poitou-Charentes, pour préserver les actifs d’Heuliez, dont l’outil industriel, et une filiale, Cartol (Carrosserie et tôleries Poitou-Charentes), a été créée pour faire fonctionner l’ensemble, avec un effectif restreint.

Mia Electric n’a dû sa survie, jusqu’à ce mercredi 12 mars, qu’à un seul projet, dont le développement a commencé en 2008 sous le nom d’Heuliez Friendly : une petite voiture électrique, façon microbus, dont le design osé a évolué au fil du temps. L’arrivée du professeur Kohl et de ConEnergy aux manettes en 2010 a permis de finaliser les études et de lancer la voiture sur le marché, mais sans le succès escompté. Le changement d’actionnaire majoritaire, il y a moins d’un an, au profit de Focus Asia, n’a pu inverser la tendance, et ce sont toujours les mêmes difficultés, le manque de fonds frais, qui ont plombé l’entreprise.

HEULIEZ FRIENDLYHeuliez MiaMia Paris

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