Premier redressement judiciaire pour Mia Electric

Le 12 février, le tribunal de commerce de Niort a placé Mia Electric en redressement judiciaire. L’entreprise de Cerizay, issue du découpage d’Heuliez en 2010, a six mois pour se relancer.

Usine Mia Electric Cerizay (31)


Retards dans les paiements des salaires, factures de fournisseurs non honorées, et fonds qui n’arrivent pas. C’en est trop pour Mia Electric, qui vient d’être placée en redressement judiciaire. L’entreprise, née en 2010 de la reprise de l’activité véhicules électriques d’Heuliez, avait tenté de reprendre son envol sous la coupe d’Edwin Kohl, un riche industriel allemand qui a fini par jeter l’éponge en juin 2013, las de combler le puits sans fonds que constituait Mia Electric, dont les ventes peinaient à décoller.

Mia Electric est arrivée, juste avant l’été 2013,  dans les mains d’un nouvel actionnaire majoritaire (à hauteur de 88 %, les 12 % restants étant détenus par la Région Poitou-Charentes) :  un consortium, Focus Asia Gmbh, dirigé par Michelle Boos. La femme d’affaires d’une quarantaine d’années, avait promis le développement de la marque en y injectant, en trois ans, 36 millions d’euros.

Usine Mia Electric Cerizay (28)

Première mesure phare de la nouvelle patronne, à son arrivée en juin 2013 : la révision du positionnement tarifaire, correspondant à une ristourne d’au moins 30 %, faisant de la Mia la petite électrique parmi les moins chères du marché : à partir de 9.582 € la Mia trois places, avec location de batteries à partir de 76 € par mois, ou 10.955 € batterie 8 Kwh comprise (12.938 € en batterie 12 kwh). Diversifier les activités du bureau d’études et renégocier les achats avec les fournisseurs figuraient aussi dans le plan de bataille.

Si des marchés ont bien été gagnés à l’international, garnissant le carnet de commandes, la production est restée au point mort, faute de pièces non livrées par des fournisseurs non payés. Deuxième alerte trahissant une trésorerie exsangue, des salariés qui réclament devant les prud’hommes leur dû. Des salaires non payés en temps et en heure, et la promesse de l’arrivée de fonds, ont provoqué une audience, le 22 janvier, au cours de laquelle Michelle Boos a été sommée de clarifier la situation.

Usine Mia Electric Cerizay (22)

Le 12 février, le placement de l’entreprise en redressement judiciaire, avec nomination d’un administrateur judiciaire, semblait inévitable. La justice commerciale donne six mois à Mia Electric pour se relancer, et assainir sa situation financière. En chassant les investisseurs, ou un repreneur.

Relancer la Mia semble compliqué, dans la mesure où la voiture entame la deuxième partie de son cycle de vie, et l’étude d’un nouveau modèle est particulièrement gourmand en fonds. Rien de nouveau non plus concernant les évolutions de la Mia : l’avenir des versions découvrable et à pile à combustible n’est toujours pas fixé.

Vendre des voitures sur fonds d’avenir incertain relève enfin du miracle… à condition de livrer, d’abord, les commandes en souffrance. Dans les rangs des salariés, le coeur y est-il encore ? Autre question cruciale : un tout petit constructeur qui a des ambitions mondiales peut-il survivre sans être adossé à un géant de l’automobile, ou de l’industrie ?

A lire également :

Mia Electric : la puce de Cerizay croise la fée électricité

Pile à combustible, version découvrable, personnalisation : les plans de Mia Electric pour rebondir

Une Mia Electric pour parcourir 40.000 km par an : la révolution automobile de Vincent et Bérangère

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s