L’éco-concession Toyota de La Rochelle, un laboratoire grandeur réelle, mieux que le bonus écologique

En juin 2010 était inaugurée l’éco-concession Toyota d’Aytré, près de La Rochelle. Le groupe privé qui l’exploite, Toys Motors, a répondu au programme « concession verte » du groupe Toyota, initié en 2008, visant à réduire au maximum les impacts sur l’environnement de l’activité d’une concession. Cette construction, commencée en juin 2009, a été la première du genre en Europe. Petite visite guidée, après trois années de fonctionnement.

Eco-concession Toyota Lexus La Rochelle (1)

Difficile d’imaginer qu’en lieu et place de la « soucoupe volante » qui fait office de concession Toyota, en bordure de la N137 reliant La Rochelle à Rochefort, se trouvaient ils y a quelques années les ateliers municipaux de la commune d’Aytré. Première démarche « écologique » : ils ont été déconstruits, pour réutiliser la parcelle, et donc éviter le grignotement de terres agricoles. Les matériaux issus des anciens ateliers ont été triés. Certains, comme la charpente, ont été réutilisés. D’autres ont été recyclés.

Place nette a donc été faite pour implanter une concession Toyota, une autre Lexus, mais aussi les ateliers, un centre de lavage de véhicules, et une carrosserie. Partout, une ou des technologies « vertes » se sont imposées. Histoire de compenser la vente de Toyota GT86 et de Land Cruiser salement malussés à 2.600 ou 6.000 euros ? Disons que l’image de l’éco-concession colle davantage  à la gamme hybride qui s’étoffe.

Eco-concession Toyota Lexus La Rochelle (4)

Les bâtiments de l’éco-concession rochelaise s’étendent sur 5.000 m2. Vaisseau amiral de cet ensemble : le site Toyota, sans structure métallique, mais à charpente en bois issu de forêt écogérée. La forme particulière du toit, à débord, sert de pare-soleil pour éviter que les rayonnements ne frappent directement les larges baies vitrées, traitées, nécessitant le recours à une climatisation. D’ailleurs, le site n’en est pas équipé.

La régulation thermique des bâtiments est assurée par des puits canadiens. L’air est capté par deux entrées, dirigé vers 1.600 mètres de canalisations enterrées à deux mètres de profondeur, où règne une température constante de 14 degrés, ce qui permet de préchauffer ou de rafraîchir le hall. Les appoints en chaleur sont fournis par l’intermédiaire de pompes à chaleur qui récupèrent à 90 mètres de profondeur les calories des chaudes eaux souterraines. La toiture végétalisée du hall Toyota uniquement permet une meilleure isolation du bâtiment, et diffère, par absorption, les rejets d’eaux pluviales.

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Au sol, un bassin récupère les eaux de pluie, prenant l’allure d’une mare d’agrément cachée par des plantes aquatiques, qui, en réalité, ont un rôle de filtration des eaux souillées.

Une « filtration », de l’air, cette fois-ci, est assurée par des murs végétaux, à l’arrière de la concession. Les haies font aussi office de mur séparant la zone de stockage des véhicules. Leur vraie vocation, c’est d’absorber une partie des résidus de CO2 relâchés dans l’atmosphère, issus des ateliers où tournent les moteurs, pourtant équipés d’un système de filtration qui capte 95 % des gaz d’échappement. Pas étonnant, donc, de trouver au milieu des haies une buse de sortie reliée aux ateliers.

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Ceux-ci font la part belle à la lumière naturelle, et les parois sont isolées avec de la ouate de cellulose, composée à 85 % de papier journal recyclé, et de 15 % de produits biodégradables.

Direction le parc de stockage de véhicules neufs. Entièrement abrité sous des auvents équipés de panneaux photovoltaïques, qui couvrent une surface d’environ 2.000 m2. En plus de protéger les voitures, le dispositif permet de recueillir des eaux pluviales non souillées d’hydrocarbures, comme cela peut-être le cas au sol.

Les panneaux photovoltaïques, eux, produisent trois fois plus d’électricité que les besoins réels du site. Le niveau de production peut être suivi en direct, depuis des écrans disposés à l’entrée du hall Toyota. « Tout ce qui vient des toitures va dans une cuve de 150.000 litres« , rappelle le directeur de la concession, Michael Giachetto. Une cuve enterrée, qui recueille 1,2 million de litres d’eau, alors que la concession en consomme 1,1 million.

Eco-concession Toyota Lexus La Rochelle (6)Eco-concession Toyota Lexus La Rochelle (7)

Le poste le plus gourmand en eau, c’est la station de lavage, qui consomme environ 600 000 litres par an, pour laver 6.000 à 7.000 voitures dans la même période. L’eau consommée provient de la cuve de récupération de 150.000 litres : après chaque lavage, 80 % des eaux utilisées sont décantées et renvoyées dans la station. Ce système en circuit fermé ne demande que 20 % d’apports nouveaux, issus d’eaux pluviales. Selon Michael Giachetto, un lavage façon Toys Motors nécessite 20 litres d’eau, contre 90 litres avec les techniques dites traditionnelles.

Dans le même bâtiment, la carrosserie héberge une cabine de peinture. Classique. Un équipement gourmand en énergie, habituellement. Chez Toys Motors, pas d’énergie fossile pour l’alimenter, mais une chaudière à granulés de bois, avec un ballon de 7.000 litres. « Les granulés de bois sont des déchets de bois issus de forêts écogérées en Charente. On en consomme cinquante tonnes par an« , précise Michael Giachetto. Cette technologie serait unique dans l’industrie automobile en France.

Les enrobés, utilisés pour les voiries et parkings sont posés tièdes, chauffés à la fabrication à 120 degrés au lieu de 180 degrés. Leur application permettrait de réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre.

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Verdict du directeur et guide touristique un peu particulier : sa vitrine « fonctionne », et l’affaire est rentable. Les économies d’énergie visées se transforment en économies en frais de fonctionnement, l’objectif visé initialement. Même s’il a fallu investir assez lourdement. Pas évident dans un marché en plein marasme et frappé d’incertitudes.

Si Michael Giachetto accepte de lever pas mal de secrets sur ces installations, il se fait tout de suite plus discret quand on abord les chiffres. Le surcoût de la construction est évalué à environ 30 % par rapport au coût d’une installation semblable, de facture plus classique. Mais le directeur refuse de livrer le montant de l’investissement total, réalisé « sans aides publiques ». La dépense totale s’élève à 2,6 M€ (1,49 M€ pour le hall Toyota, 585 000 € pour Lexus, et 535 000 € pour le centre de préparation).

Le groupe, qui vient d’ouvrir un centre Porsche juste à côté de Lexus et Toyota, en a repiqué quelques idées, mais pas toutes. La principale ? Une toiture végétalisée, de même facture que celle du hall Toyota. La Porsche 918 Spyder hybride y est très attendue…

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