Carlos Tavares, le numéro 2 de Renault, hors circuit

Toujours pas la grosse ambiance au QG de Renault. Et un peu la poisse, au poste de directeur général… Deux ans après le replacement à un autre échelon du groupe, puis le départ définitif de Patrick Pelata, après une sombre fausse affaire d’espionnage, c’est Carlos Tavares, son successeur, qui vient de faire ses valises. Quelques jours après avoir exposé ses ambitions personnelles, et pourquoi-pas ailleurs que chez Renault.

Carlos Tavares 2

Il y a quelques jours, Carlos Tavares, devenu numéro 2 de Renault en avril 2011, derrière Carlos Ghosn, faisait état de ses ambitions professionnelles, conjuguées à son expérience. Son envie, en filigrane ? Notamment devenir numéro 1 d’un grand groupe automobile, du calibre de Ford ou de General Motors. Et pourquoi pas devenir calife à la place du calife chez Renault-Nissan ? Ca ne semblait pas à l’ordre du jour, Carlos Ghosn n’étant apparemment pas prêt à quitter le navire. Sans autre perspective, Carlos Tavares s’est donc laissé aller à quelques confidences. Stratégie, ou boulette ? La sincérité de Carlos Tavares a pu paraître inélégante, vis-à-vis du groupe Renault qu’il participe à diriger à un échelon pas négligeable. Toujours est-il qu’après la publication de ses propos, Renault donne l’opportunité à Carlos Tavares de plancher sur ses « projets personnels« .

Renault a annoncé le départ de Carlos Tavares via un court communiqué, le 29 août : « D’un commun accord avec Renault, M. Carlos Tavares cesse à compter de ce jour d’exercer ses fonctions de directeur général délégué aux opérations de Renault, afin de poursuivre des projets personnels. M.Carlos Ghosn remercie M. Carlos Tavares pour sa contribution aux résultats de Renault tout au long de sa carrière dans l’entreprise. M. Carlos Ghosn assure à titre temporaire les fonctions opérationnelles qui étaient déléguées à M. Carlos Tavares. Une adaptation de l’organisation visant à renforcer les performances industrielles et commerciales du Groupe Renault sera arrêtée et communiquée prochainement. » Difficile de ne pas voir là dedans une sorte de sanction. Pour manque de loyauté ?

MISCS - RENAULT ALPINE ZAR REVEAL

Carlos Tavares est un pur produit Renault. D’origine portugaise (il est né le 14 août 1958 à Lisbonne), il a étudié à Toulouse, avant d’être diplômé de l’Ecole Centrale, à Paris. Il entre chez Renault dès 1981 comme ingénieur tenue de route au centre d’essais d’Aubevoye avant de devenir responsable des études liaison au sol en 1985. Il poursuit sa carrière comme architecte en charge de la plateforme Clio II, à la direction des systèmes de châssis (1991), puis comme chef de service à la direction de l’architecture (1996). C’est lui  le directeur de projet Mégane II en 1998 (commercialisée en 2002). Il chapeaute enfin, en 2001, le programme de véhicules de la gamme moyenne. 

Cinq ans après la signature de l’Alliance entre Renault et Nissan, il rejoint Nissan comme directeur de programme puis comme vice-président en charge de la stratégie produit et du plan (2004). En 2005, il est nommé vice-président exécutif de Nissan et fait son entrée au conseil d’administration. Il prend la responsabilité des opérations de Nissan dans la région Amériques en 2009. De retour chez Renault en 2011, Carlos Tavares est nommé directeur général délégué aux opérations le 1er juillet, et succède à Patrick Pelata.

Carlos Tavares (7)

Passionné de compétition automobile, et pilote par ailleurs, il a tenté d’incarner le patron amoureux d’automobiles, plutôt que l’image froide du patron comptable. On l’a vu au volant d’un proto de Clio IV RS au festival de Goodwood, aux manettes du concept d’Alpine A110-50 à Monaco en 2012, et au volant du concept Twin’Run, toujours à Monaco, en 2013. Rares sont les images, dans l’industrie automobile, de managers au volant de « leurs » voitures, sur une piste qui plus est !

Carlos Tavares est aussi celui qui a participé à la résurrection programmée d’Alpine, avec Caterham. Il en avait d’ailleurs parlé au cours d’un déjeuner, pendant le Mondial de l’Automobile de Paris, en 2012, alors que la décision de relancer Alpine n’était pas encore prise.  Pendant ce déjeuner, il avait aussi parlé de compétitivité des usines françaises de Renault. Son exigence avait abouti à la signature d’un accord qui engageait Renault à préserver toutes ses usines en échange de la révision des conditions de travail dans les usines en question, pour plus de flexibilité.

PHOTOS RENAULT/DPPI

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