Nouveau dépôt de bilan pour Heuliez : retour à la case départ

Heuliez va finir par prendre une carte de fidélité au tribunal de commerce de Niort. Pour la troisième fois depuis 2006, l’équipementier deux-sévrien va demander une cessation de paiements. Le groupe BGI, repreneur de l’entreprise en difficultés en 2010, ne peut financièrement plus assumer sa reconversion,et ses projets futurs. Près de trois cents employés retrouvent le difficile climat d’attente, qui règne jusqu’à une éventuelle reprise de la société, ou un plan de continuation.

Heuliez (2) - Copie

Sauvés en 2010, et de nouveau sur la sellette trois ans plus tard. Les presque trois cents employés d’Heuliez doivent penser revivre le même cauchemar. Ce lundi midi, la direction d’Heuliez a annoncé qu’elle allait déposer le bilan, au terme d’un week-end fort en contrastes.

En fin de semaine dernière, le carrossier de Cerizay (qui a, jusqu’en 2009, produit des véhicules complets pour Renault, Peugeot-Citroën, puis Opel, et fut un spécialiste des systèmes de toits rétractables) était toujours en lice pour remporter un gros contrat avec Volkswagen, portant sur un ambitieux programme d’emboutissage de pièces détachées pour des voitures en fin de vie.

Un projet nécessitant des investissements et un plan de financement qu’Heuliez a voulu boucler ce week-end. Mais aucun accord n’aurait été trouvé avec l’Etat, pour collecter entre un et un million et demi d’euros nécessaires à un éventuel engagement avec VW. Avec une trésorerie exsangue, Heuliez n’a pas eu d’autre solution que de s’orienter vers la cessation de paiements, qui gèle les créances, et permet de bâtir un plan de redressement.

Heuliez

Depuis la reprise par le groupe Baelen Gaillard Industrie (BGI) à l’été 2010, Heuliez a recentré ses activités et optimisé ses installations : exit la perspective de voir un jour des voitures complètes sortir de l’usine de Cerizay (hormis les voiturettes JDM, propriété de BGI, dont la production a été rapatriée à Cerizay), Heuliez s’est concentré sur la carrosserie, les châssis, la construction de cabines d’engins agricoles et de construction, les études et le prototypage. Des secteurs fragiles, qui ont constamment mis Heuliez sous tension. Pour récupérer du cash, Heuliez a vendu ce qui restait de sa collection de prototypes et de concept-cars, a mis en vente aux enchères ses brevets sur les toits rétractables (qui n’ont pas trouvé preneur), et s’est séparé de sa branche aéronautique (fabrication de verrières pour hélicoptères Ecureuil, occupant 49 salariés à Cerizay), acquise par Europcopter (groupe EADS) fin 2012.

D’après la direction d’Heuliez, le volume d’affaires programmé en 2012 avec le voisin Mia Electric (entité qui a repris l’activité véhicules électriques d’Heuliez, après le dépôt de bilan de 2010) nettement inférieur aux prévisions, a plombé les comptes de l’entreprise (38 millions de chiffres d’affaires escompté, un million réalisé).

Reste donc, comme motif d’espoir, pour les salariés d’Heuliez, ce possible gros contrat de sous-traitance pour Volkswagen, qui, d’après les premières estimations, en cas de succès, aurait pu occuper 700 personnes à l’horizon 2017.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s