En Chevrolet Malibu ou en Ford Mustang, Ryan Gosling a la classe, dans Drive

« Drive, ce n’est pas un film de bagnoles », m’avait-on dit. Mouais. Avec un titre, une affiche et une bande annonce pareils… Et finalement, je confirme. La bagnole, dans Drive, c’est ce qui sert de prétexte à l’intrigue. La petite pépite cinématographique de l’année 2011 contient suffisamment de scènes dans lesquelles l’auto tente de faire de l’ombre à l’énervant Ryan Gosling pour figurer dans cette rubrique.

Drive Ryan Gosling

Il n’y a que des Américains pour porter plainte après avoir vu un film, sous prétexte que la bande annonce est mensongère. C’est ce qu’a fait en l’occurrence une connasse habitante du Michigan, qui pensait voir un truc du genre Fast and Furious après le visionnage de la bande-annonce qui montre grosso modo un braquage, une course-poursuite, un braquage, une course-poursuite, et un peu de violence.  Quand cette connasse spectatrice part porter plainte à la sortie du cinéma, nous, on digère ce film à l’ambiance si particulière.

Pour visualiser la bande-annonce, cliquez sur l’affiche, ci-dessous…

Aux manettes, Nicolas Winding Refn, un réalisateur qui adapte à l’écran Drive, un roman de  James Sallis. The Driver (Ryan Gosling) est cascadeur le jour (ne te fais pas de bile, Colt Seavers, tu restes le meilleur !), et pilote pour malfrats la nuit. Le genre de mec qui énerve d’entrée de jeu, parce qu’il conduit comme un dieu et qu’il a une gueule d’ange.  Cet Apollon, qui ressemble à Thomas Dutronc, d’ailleurs, se déplace le jour dans une minable Chevrolet Malibu de 1973 sans calandre.

La Malibu était en fait une version de la pony car Chevelle, née en 1964. Restylée en 1973, la Malibu a complètement supplanté la Chevelle en 1978. Continuant son petit bonhomme de chemin, elle a totalement perdu son identité en 1997, en passant à la traction avant.

Revenons à notre pilote, qui, la nuit, devient un coureur méthodique (maniaque, même, avec sa montre fixée au volant, ses petits gants en cuir et mâchouillant un cure-dents) et efficace qui mène les braqueurs là où ils veulent, sans se mêler de leurs sales affaires. Dans le braquage d’ouverture, c’est au volant d’une Chevrolet Impala d’emprunt et survitaminée (on parle d’un gain de… 300 chevaux, obtenu par le patron du pilote, un garagiste handicapé) qu’il échappe à la police, devant deux braqueurs médusés, assis à l’arrière.

Un beau jour, il découvre l’existence de sa voisine, Irene, une mignonne petite blonde (Carey Mulligan), maman d’un petit Benicio, et se prend d’affection pour eux deux. Pas de bol, sur un miroir est plantée la photo d’un gars, Standard, papa et mari taulard.

Comme Irene roule en bagnole japonaise pourrie qui tombe en vrac, le pilote lui rend service en la ramenant chez elle, non sans avoir offert, à elle et à son rejeton, un petit tour en Chevrolet Malibu de 1973 dans un petit coin de paradis à la sortie des égoûts de Los Angeles. Le grand seigneur, quoi. Et si la voisine était un laideron, le pilote aurait-il été aussi attentionné ?

On se dit qu’à un moment, le pilote va fendre l’armure et se taper la jolie voisine, qui n’a pas l’air insensible au charme du pilote. A moins qu’elle soit attirée par le blouson avec le scorpion dans le dos, ou par la Chevrolet Malibu sans calandre…

Entre-temps, le véritable patron du  pilote, un garagiste, propose à son poulain de conduire une voiture de stock-car financée par des types qui n’ont pas l’air des plus honnêtes.  Dis-donc, Ryan, ce n’est pas très prudent de s’entraîner sur circuit, sans casque intégral. Oui, je sais, un casque va te pourrir ta sublime coupe de cheveux, mais en cas d’accident et entre quatre planches, elle te servira à quoi, ta coupe de cheveux ?

Mais le mari taulard sort de cabane, retrouve son doux foyer, rencontre son nouveau voisin beau gosse, et se fait tabasser par des types à qui il doit 5.000 dollars. Un petit braquage du bureau d’un prêteur sur gages ferait l’affaire et réglerait le problème. La petite famille pourrait vivre tranquille.

Le pilote offre ses services à son voisin, au volant d’une Ford Mustang 5.0 2011 volée. Mais le braquage ne se passe pas comme prévu. Il vire au carnage quand Standard se prend quelques balles dans le buffet. On se dit alors que le pilote, qui attend sagement dans la Mustang volée, n’a qu’une pensée : « Chouette, je vais pouvoir me taper la jeune et jolie veuve… » Mais non, il s’échappe au volant de la Mustang, pris en chasse par une Chrysler 300 C.

On avait déjà repéré des similitudes entre Ryan Gosling et Steve Mc Queen, dans Bullitt, plutôt rivaux dans le style mec taciturne. La poursuite entre la Ford Mustang et la Chrysler 300 C rappelle elle aussi furieusement Bullitt.  Pas de dialogues, juste une poursuite. Celle de Drive dure 1,30 mn. Spectaculaire, bien entendu, où le héros a bien du mal à se défaire du mystérieux poursuivant, qui finit par se vautrer.

A l’écran, une belle boulette est à relever : quand Ryan Gosling fait un bout de poursuite en marche arrière, l’image est « inversée ». Il suffit de lire la plaque minéralogique de la Ford Mustang (4DOQ678) pour en être convaincu : les chiffres et les lettres sont à l’envers !

Non sans quelques dégâts sur les carrosseries (le type à la Chrysler 300 C est un goujat qui fonce délibérément sur sa proie…), le pilote et la Mustang s’en sortent. Ryan Gosling, toujours taciturne, entreprend alors une vraie quête de vengeance, dont on ne dévoilera pas ici la suite. L’homme tendre mais distant des débuts devient en fait un tueur froid hyper-violent…

Un film surprise à découvrir, à l’esthétique hyper soignée (malgré l’abus de ralentis), et à la bande son terrible. C’est aussi l’occasion de retrouver la Ford Mustang dans sa livrée 2011. Assurément la plus jolie, depuis la naissance du mythe, en 1964, qui s’est perdue au début des années 1970 jusqu’à une renaissance inespérée en 2005 avec un look résolument néo-rétro. La version 2011 utilisée dans Drive est une V8  de 5.0 litres de cylindrée, offrant 412 chevaux. Sur les roues arrières, évidemment…

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