PSA dans la tourmente : 8.000 emplois supprimés, et l’usine d’Aulnay-sous-Bois fermée en 2014

PAR BENOIT FAUCONNIER

En annonçant mercredi son plan de restructuration en France, PSA Peugeot-Citroën provoque un vrai séisme social : 8.000 emplois supprimés, et une fermeture d’usine, c’est l’un des plus gros coups portés au paysage industriel français. 

Depuis l’annonce de mercredi, le groupe PSA présente l’image d’une bête blessée, et donc vulnérable. Visiblement trop petit, avec deux marques concurrentes présentes sur les mêmes marchés,  trop dépendant du marché européen qui dévisse, PSA met un genou à terre, non sans exécuter au passage un bon paquet de salariés : 8.000 postes sont supprimés, sans licenciements secs, et l’usine d’Aulnay-sous-Bois sera fermée, en 2014. Un plan dramatique qui confirme le « document de travail interne », mis sur la place publique par la CGT l’année dernière, et « justifié » de surcroît par une perte financière de 700 millions d’euros sur le premier semestre 2012.

Philippe Varin, le PDG du groupe, montre de son côté du doigt le « coût du travail en France« . En clair, produire en France ne permettrait pas de dégager de marges suffisamment importantes.

Après avoir dégraissé en Europe, PSA s’occupe donc du cas français. Le constructeur met en avant des usines implantées sur le territoire national, qui ne produisent pas assez. Trop d’usines et trop de monde pour fournir un marché ravagé. Conséquence : PSA prévoit d’envoyer la totalité de la production de la Citroën C3 à Poissy, et de fermer l’usine d’Aulnay-sous-Bois, sur 160 hectares en bordure d’autoroute A1, en Seine-Saint-Denis, en 2014. Une usine victime d’un choix stratégique dont on peut penser qu’il allait à moyen terme condamner le site : Aulnay ne produisait plus que la C3. Une production « mono-modèle » qui ne se voit plus dans aucune usine depuis des lustres.

Avec l’arrêt de l’usine d’Aulnay (créée en 1973 pour fabriquer la Citroën CX et prendre la succession de l’usine historique de Citroën, quai de Javel, à Paris), 3.300 personnes sont concernées (3.000 salariés et 300 intérimaires). PSA prévoit un reclassement interne à PSA pour 1.500 de ces salariés. Mais où ? L’usine de Rennes (production de Citroën C5, C6 et Peugeot 508) subit elle aussi une réorganisation. Elle va perdre 1.400 de ses 5.600 employés.  Les départs de salariés seront incités.

La dernière usine entière, fermée par un constructeur en France, c’était celle de Boulogne-Billancourt, par Renault en 1992. Depuis, Renault, avait fermé Vilvorde, en Belgique, en 1997. PSA, lui, avait fermé son usine de Ryton, en 2006.

Ailleurs en France, 3.600 autres emplois seront éliminés dans l’ensemble des sites, notamment 700 à Poissy (l’usine qui produit déjà des Peugeot 208 et Citroën DS3, récupère la totalité de la production de C3, et devra donc fabriquer plus, avec moins de personnel), un peu moins de 300 à Mulhouse. Le régime des départs volontaires sera activé. Le total de 8.000 emplois supprimés, ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Pour la perte d’un emploi industriel, on estime que trois à quatre emplois indirects sont lourdement menacés.

PSA Peugeot-Citroën a récemment annoncé un partenariat stratégique avec General Motors (qui a fait le ménage en fermant onze usines américaines après la crise de 2008), qui a pris 7 % des parts du français. Longtemps considéré comme un Petit Poucet, PSA, détenu majoritairement par la famille Peugeot, a toujours privilégié les partenariats (avec BMW pour des moteurs, avec Fiat pour la production d’utilitaires et de monospaces à Hordain, remis en cause récemment) plutôt que les associations avec d’autres constructeurs complémentaires, en termes de gammes et de marchés.

Après  ces annonces fracassantes, PSA s’ajoute un fardeau sur les épaules : une image de « casseur d’emploi », qui risque de peser assez lourd, aux yeux du grand public. D’autant que PSA et  Renault, avaient bénéficié de l’Etat, en 2009 d’un prêt de six milliards d’euros pour encaisser les baisses du marché, et la fin de la prime à la casse. A l’époque, les deux constructeurs s’étaient engagés, en contrepartie, à ne pas licencier en France. Les deux avaient remboursé plus vite que prévu.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s