Renault Alpine A110-50, la quinqua nerveuse

PAR BENOÎT FAUCONNIER

Attendue comme le messie, la succession d’Alpine, après dix-sept ans de coma pas vraiment artificiel, est en passe d’être assurée. Renault vient de présenter un concept, l’A110-50, censé fêter les cinquante ans de  la Berlinette. Si après ça, Renault ne franchit pas le cap de la petite série, c’est le désastre qui guette, en terme d’image.

Renault est passé maître dans l’art  du « On fait, on fait pas, on fera peut-être, on réfléchit… » Après un hypothétique nouvel Espace, finalement confirmé, le suspense est savamment entretenu quant à la résurrection d’Alpine. Renault vient de présenter l’Alpine A110-50, qui fête les cinquante ans de la Berlinette. Une DeZir gravement dopée à la compète, c’est ce à quoi ressemble cette fameuse A110-50.

Le design ne s’éloigne pas vraiment de la DeZir, présentée au Mondial 2010, avec un moteur électrique. La réactualisation de la Berlinette prend ses distances avec la DeZir, d’un point de vue mécanique. Le moteur, toujours en position centrale arrière, est un bon moulin traditionnel qui boit du sans-plomb.

La base technique de l’A110-50 est celle de la Renault Mégane Trophy. L’empattement est identique (2,62 m). La plupart des solutions retenues sur la Mégane Trophy sont reconduites sur le concept-car : moteur V6 de 3.5 litres de 400 chevaux, châssis tubulaire, et admission en carbone. Le réservoir de trente litres est là pour la figuration. Avec une telle cavalerie, l’autonomie est, à n’en pas douter… ridicule.

La bête, abaissée par rapport à une Mégane Trophy, est une sylphide, avec seulement 880 kilos, pour 4,33 m de longueur. Sa répartition des masses flirte avec l’idéal : 47,8 % à l’avant. Mieux encore : l’A110-50 est une propulsion… dépourvue d’aides à la conduite de type ABS ou anti-patinage. On est clairement dans le domaine du pilotage. La présence d’une boîte séquentielle à six vitesses, et d’un logiciel d’acquisition de données de pilotage ne laisse la place à aucune ambiguité. De la piste, de la piste, et de la piste !

Oui, mais c’est quand la série, alors ? C’est quand même la question qui agite le landernau automobile ! Dans l’absolu, l’A110-50 ferait une sublime réinterprétation de l’oeuvre de Jean Rédélé. Sur la berlinette, le logo Renault était minuscule, par rapport au marquage Alpine, sur le bout du capot. Cette fois-ci, Renault pose le problème à l’envers : impossible de louper le losange, qui domine outrageusement les six lettres magiques d’Alpine. Un choix dicté pour tester les réactions du public ?

Pour le reste, on demeure dans le domaine du rêve : les capots avant et arrière qui s’ouvrent en opposition, ainsi que les portes en élytres laissent penser que le chemin vers la série est encore long. Mais bon. En présentant, à deux ans d’intervalle, deux variations autour de la DeZir, dont l’une clairement ancrée dans l’univers Alpine, il serait difficilement compréhensible que Renault finisse par tourner le dos à cette fameuse résurrection.

La pression est énorme, certes. Mais en termes d’image, la retour d’une Alpine aussi alléchante que peut l’être la DeZir marquerait une rupture avec une paire de fiascos enregistrés ces dernières années.

A force d’avoir lancé quelques perches, l’effet serait désastreux si Renault annonçait que, finalement, Alpine resterait dans les placards. Disons que Renault n’a plus vraiment le choix… quel que soit le poids économique d’un projet si enthousiasmant. En clair, Renault a mis lke doigt dans un engrenage. C’est le moment d’assumer, avec panache.

 

2 réflexions sur “Renault Alpine A110-50, la quinqua nerveuse

  1. Une A110, quelle résurrection ! la mémoire de Jean-Rédélé plane sur cette nouvelle berlinette du 21ème siècle. Dommage pour le losange ! beaucoup trop grand, comme une verrue sur le capot. Enfin, c’est Renault qui paye ! si ce projet se commercialise, il faudra lui adjoindre un bidon de 30 litres d’essence …

    • Renault a un besoin urgent de revaloriser son image de marque. Le Losange sur une telle voiture, c’est ce qui rendra le plus service à Renault, je crois ! Et c’est une manière de montrer le savoir-faire Renault. Si la voiture voit le jour, en tout cas.

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