En direct du salon de Genève : quoi de neuf pour les petites familles ?

PAR BENOÎT FAUCONNIER

C’est bien beau de rêver devant un concept car, ou devant une Ferrari F12 berlinetta. Mais au moment de passer commander et de caser dans un garage une voiture un tantinet familiale pas trop onéreuse,  l’offre de nouveautés se réduit considérablement. A Genève, nous avons cherché ces perles de plus en plus rares. 

Une catégorie d’automobilistes se sent de plus en plus délaissée : ceux qui considèrent la voiture comme un outil, un déplaçoir. Ceux qui se foutent de l’image renvoyée par la possession de telle ou telle auto, ceux qui se moquent d’une technologie embarquée galopante. Malgré le phénomène Dacia, le constructeur roumain du groupe Renault-Nissan reste encore bien seul dans ce créneau-là.

► Dacia enfonce le clou en présentant à Genève le Lodgy, un véhicule familial de 4,50 mètres (l’équivalent d’un Grand Scénic), capable d’emmener jusqu’à sept passagers. Tarif annoncé ? A partir de 9.900 euros. Rapport prix/m3 quasiment imbattable… au détriment d’un look vraiment particulier.

Dacia a appliqué la recette miracle de la boîte : c’est fonctionnel… et c’est tout. On ne parlera pas de design, au sujet du Lodgy. Pas cher et joli, est-ce donc définitivement incompatible dans l’industrie automobile ? Réfléchissez, je ramasse les copies dans deux heures. Bref, à côté du Lodgy, le Duster peut aisément parader sans complexes dans un concours d’élégance.

Mais on se dit que la sauce va prendre, avec ce Lodgy. L’espace habitable est géant, avec un coffre de 827 dm3 en configuration cinq places. La modularité est simple, sans chichis. Les deux places de la troisième rangée peuvent être extraites, ou repliées contre la banquette de deuxième rangée. Rien ne disparaît dans le plancher…

Quatre moteurs sont au programme. Deux essence (le 1.6 90 apparu sur la Mégane en 1995 et le nouveau 1.2 TCE 115) et deux moulins à gazole (les 1.5 dCi 90 et 110). Le coefficient de pénétration dans l’air du Lodgy, digne d »une armoire normande, risque d’entacher le bilan consommation. Espérons aussi que l’insonorisation sera « soignée », pour juguler l’effet « caisse de résonnance ».

Dans l’habitacle, pas de miracle à attendre. C’est du Dacia. La poignée de fermeture de porte mal ébavurée risque de piquer les doigts. En revanche, bon point pour l’écran tactile du système de navigation, qui sera proposé 430 euros en option. Dacia commence à prendre son panard dans le luxe : l’aide au stationnement arrière et le limiteur de vitesse seront également proposés.

► Après l’Opel Meriva, le Ford B-Max redonne un petit coup de fouet au monospace compact. Quasiment jumeau du C-Max en matière de style, il apporte sa petite innovation, au niveau de l’accessibilité, contenue dans seulement 4,06 m. Les portes arrières coulissantes, ce n’est pas nouveau sur un monospace. Mais sur le Ford,  il n’y a pas de montant central entre les portes avant et arrière. Une prouesse que l’on retrouve sur l’Opel Meriva, et ses portes à ouverture antagoniste.  Le montant central en question est intégré, selon Ford, aux portes avant (articulées sur charnières) et arrières.

Le B-Max tient largement sa promesse d’accessibilité optimisée. Une « baie » d’ouverture d’1,50 m s’offre aux occupants. Mais la fermeture de la porte coulissante demande pas mal de force. Dommage aussi que la banquette arrière coulissante soit indisponible. En revanche, elle se rabat d’un seul geste. Côté moteurs, les deux nouveaux trois cylindres Ecoboost (100 et 120 chevaux tirés du petit 1.0)  rejoignent une gamme qui, en diesel, va de 75 (1.5 TDCI) à 95 chevaux (1.6 TDCI).

Le segment risque d’être largement renouvelé, dans les pas de Ford et d’Opel : un glissement des gammes vers le haut a laissé vacant le secteur des monospaces compacts à moins de 20.000 euros. Ceux-ci (Scenic, C-Max et Zafira), à force de grandir et d’être déclinés en sept places, sont devenus des engins coûteux orientés premium, qui ont poussé les ex-monospaces familiaux en engins de luxe.

► D’ailleurs, Fiat participe au mouvement de renouvellement des petites familiales compactes, avec sa 500 L (pour Large). A part des feux avant arrondis mais étirés, difficile de lui trouver un air de ressemblance avec la Fiat 500, et difficile donc de justifier cette appellation. Mais bon, au moins, c’est une Fiat 100 % Fiat, et pas un rebadging de Chrysler…

L’appellation 500 L sent le coup marketing à plein nez, pour bénéficier de l’image au beau fixe de la 500, dont l’habitabilité n’est pas, il est vrai, le point fort. Certains lui trouveront un air de Mini Countryman, ou de taxi londonien.  Il faut bien ça pour trouver 400 litres de capacité de coffre dans 4,14 m. De l’esprit 500, la 500 L conserve les possibilités de personnalisation, avec trente variantes de coloris extérieurs, à conjuguer avec trois teintes de jantes, des coloris pour la planche de bord et les revêtements intérieurs. Les moteurs (1.4, 0.9  TwinAir et 1.3 Multijet) sont aussi connus sous le capot de la 500.

► Opel intègre à sa gamme un petit SUV compact de 4,28 m sans grande originalité, le Mokka. Plus court que d’autres SUV de type VW Tiguan qui se battent sur un marché qui devient engorgé, avec l’apparition des triplettes Mitsubishi ASX, Citroën C4 Aircross et Peugeot 4008, le Mokka mise sur la démocratisation de certains équipements, comme le Opel Eye, la caméra de recul ou le porte-vélos Flex-Fix.

Opel veut lui offrir des prétentions tout-terrain avec une transmission intégrale,malgré une garde au sol assez basse. En réalité, le Mokka passe progressivement de traction avant (mode FWD) à tout-terrain (AWD) en fonction des conditions d’adhérence.  Comme la concurrence, le Mokka est bardé d’aides électroniques : aide au démarrage en côte, retenue à la descente, contrôle de stabilité…   Trois motorisations sont au programme : 1.6 115 chevaux et 1.4 turbo 140 chevaux. L’unique diesel proposé est le 1.7 CDTI 130 chevaux.

► SUV toujours, avec Ford, qui présente à Genève sa deuxième génération de Kuga, prévue pour 2013. Le petit tout-terrain américain est largement modernisé, alors que le modèle actuel n’en est qu’à sa quatrième année de commercialisation.

► Les petites familles apprécieront aussi, peut-être, en guise de deuxième voiture, la triplette Volkswagen up!, Seat Mii et Skoda Citigo, déclinée en version cinq portes.  Bien pratiques pour emmener en balade les hôtesses de chez Skoda, sans risquer toute contorsion inutile. Seuls quelques détails esthétiques, à l’extérieur et dans l’habitacle, différencient les trois petites soeurs, à l’image des Citroën C1, Peugeot 107 et Toyota Aygo, restylées en ce début d’année. Les petites germano-hispano-tchèques sont mues, comme les trois portes, par des trois cylindres 1.0 de 60 ou 75 chevaux.

► Bouclons ce tour d’horizon avec la toute nouvelle Kia Cee’d. La cousine de la Hyundai I30 (présentée aussi en version break à Genève) a sa propre personnalité. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les Coréens apprennent vite, et très vite ! La Cee’d a une allure très moderne. Elle gagne cinq centimètres par rapport à sa devancière, et atteint 4,31 m. On pourrait même la confondre avec une Opel Astra. En revanche, on trouve des airs de famille avec la Citroën C4 en examinant la planche de bord. Outre un look plutôt agréable et des équipements à la page, la Cee’d deuxième génération (la première est née en… 2007 !) devrait avoir pour elle une garantie de sept ans.

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