ESSAI – La Chevrolet Aveo 1.3 VCDI 95, au coin des bonnes affaires

Chevrolet Aveo

Une voiture américaine longue d’environ quatre mètres, ça paraît aussi incongru que des fricadelles servies dans un restaurant étoilé. Ca ne va pas bien ensemble. Chevrolet tente de prouver le contraire avec la dernière mouture de son Aveo. Une petite voiture portant haut les ambitions d’un constructeur qui s’est découvert une vocation mondiale.

Les présentations

Arrivé en France en 2005 en rebadgeant avec son propre blason des Daewoo Matiz, Kalos ou Nubira, Chevrolet a progressivement tourné la page et a façonné en Europe sa propre personnalité, en sortant son joker : l’image américaine. Un peu de poudre aux yeux… La stratégie fait illusion quelques instants en utilisant la Camaro et la Corvette comme produits d’image. Mais qu’y a-t-il d’américain à part le logo, dans une Spark ou une Aveo, chargées de réaliser le gros des ventes chez Chevrolet ?

Pour les rêveurs qui se voient sur la Route 66 au volant d’une Bel Air, ou les nostalgiques qui revoient les Impala faire la joie des policiers ou des taxis new yorkais, la réalité est dure à avaler. Mais ne soyons pas méchants : l’Aveo sera idéale pour aller frimer dans la file d’un Drive, au Mc Donald’s du coin, un Stetson vissé sur la tête.

Vouloir percer en Europe avec une voiture pas très américaine, c’est logique. La plupart des tentatives récentes d’imposer, en France notamment, des autos aux standards américains, ont échoué, à des rares exceptions près (Chrysler 300C). Voilà donc notre Aveo, fausse américaine, mais vraie nouveauté, venue mettre le bordel dans la catégorie des petites polyvalentes. Chevrolet la fait débarquer avec un rapport prix/prestations voulu canon dans une catégorie surpeuplée de surdouées (Clio, 207, Fiesta, Polo, Corsa, Punto, Swift). Désormais disponible en deux versions Diesel, que vaut donc la nouvelle Aveo ?

C’est donc parti pour six jours d’essai, au volant d’une Chevrolet Aveo cinq portes 1.3 VCDI 95 chevaux, avec système Start&Stop et boîte manuelle à six vitesses, en finition LTZ, celle qui coiffe la gamme. Affichée 16.800 €, cette Aveo trouve notamment sur son chemin une Citroën C3 e-HDI 90 Confort à 18.800 €. Mais pour trouver un équipement équivalent, il faudra piocher dans le catalogue des options et débourser au final 20.440 €.

L’une de ses plus sérieuses rivales, la Skoda Fabia 1.6 TDI 90 Elegance 2, est vendue 18.125 €, à équipement équivalent, avec une climatisation automatique en plus, mais le Stop&Start en moins. Même la Kia Rio 1.4 CRDI 90 Active, aux dents longues, soutient mollement la comparaison avec un tarif de 17.990 €. Sur le papier, en tout cas, l’Aveo met dans de bonnes dispositions. C’est (presque) l’Amérique !

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Chevrolet Aveo

La Chevrolet Aveo première du nom était en réalité une insipide Daewoo Kalos rebadgée. Puis un restylage lui a conféré, tout doucement, un semblant de personnalité. Point de replâtrage avec la nouvelle Aveo. Chevrolet négocie habilement le virage.  La première génération d’Aveo paraît bien frêle, à côté de sa grande soeur, qui dépasse les quatre mètres : 4,04 m exactement. De face, on ne peut s’empêcher de lui trouver un air de Mitsubishi Evo X : calandre en deux parties, capot marqué  et double optiques lui donnent un air agressif. Il y avait bien longtemps qu’un constructeur n’avait plus recouvert les feux avant d’une glace en polycarbonate. Traitement identique à l’arrière, ou les blocs se passent de glace, et laissent apparaître des feux ronds et les entourages en plastique noirs.

Globalement, Chevrolet a osé l’originalité : les poignées des portes arrières sont (presque) cachées dans les montants. Pas mal pour le style, tant pis pour la visibilité latérale, à conjuguer à une lunette arrière verticale, réduite, surmontée d’un petit bequet intégré. Globalement, les surfaces vitrées sont minces, et la hauteur de caisse élevée. D’où un volume global qui paraît costaud.

Chevrolet Aveo

Revers de la médaille, ce style solide pâtit de montes pneumatiques inesthétiques. Pourtant, notre Aveo CVDI 95 chevaux est équipée (en série) de jantes alu de 16 pouces, sur des baskets bien épaisses, de 205/55. Malgré tout, l’aspect « roulettes » détonne. Sur les versions moins bien motorisées, montées en 15 pouces, c’est encore pire… Avec les jantes optionnelles de 17 pouces à cinq branches (en option à 200 € sur la finition LTZ uniquement), esthétiquement plus adaptées, l’Aveo devient même assez séduisante.

Dans le détail, la ligne d’une Aveo LTZ, le haut de gamme, se différencie des finitions moins huppées (LS, LS+ et LT) sur des détails : la présence de feux antibrouillards à l’avant, de joncs chromés qui soulignent les vitres latérales, ou entourent les feux arrières ronds. Les rétroviseurs, poignées de portes et de coffre sont de la couleur de la carrosserie à partir de la finition LT.

L’habitacle  la loupe

Chevrolet Aveo

Un design actuel, une technologie moderne, et un prix canon. « Ou est l’arnaque ?« , comme me l’a déjà demandé un collègue, dont je respecterai l’anonymat. Non, Vincent Le Gallois, il n’y a pas d’arnaque. Pour tirer les prix, il y a juste quelques ficelles. Dans le cas de l’Aveo, c’est peut-être l’habitacle qui trinque (un peu).

L’air de famille, ça se cultive. Qu’il s’agisse de la Spark, de l’Aveo, de la Cruze, ou, dans une moindre mesure l’Orlando, le design global du tableau de bord se retrouve, d’un modèle à l’autre, avec la « vague » qui rythme la ligne au niveau de la console centrale. Dans l’Aveo LTZ, l’affiche paraît copieuse : volant cuir avec éléments couleur alu aux branches gorgées de boutons, trois commandes rotatives de ventilation au toucher caoutchouté très agréable, double boîte à gants, autoradio fondu dans le tableau de bord avec écran déporté…

Quelques petits rangements d’appoint, de part et d’autre de la console centrale, et près du levier de vitesse, compensent des vide-poches de taille moyenne. Mais on n’est pas dans un monospace.  Si, en matière de design, l’ambiance se tient, la qualité des plastiques est franchement moyenne : trop de grainages et de revêtements différents donnent une impression d’assemblages pas très cohérents.

Chevrolet Aveo

Les sièges, eux, sont plutôt agréables. Même si on ne trouve qu’une poche aumonière, au dos du fauteuil passager. Côté conducteur, l’idée de la présence d’un accoudoir rabattable est bonne, mais sa position ne convient pas à tous les conducteurs. Il sera inutile aux moins d’1,70 m. Pas de rappel de médaillon de tissu sur les contre-portes, intégralement en plastiques durs, eux aussi, facilement rayables.

Le sujet qui fâche, c’est ce bloc d’instrumentation, qui remplace les classiques casquettes surmontant des compteurs ronds… Sur l’Aveo, le mélange des genres, déjà vu sur la Spark est, disons… particulier. Le graphisme du compteur analogique et sa couleur renvoient pas mal d’années en arrière, tout comme le dessin du fond de compte-tours. Le plastique qui entoure cet ensemble est carrément cheap.  Et le design de l’instrumentation, juxtaposition de petits ronds, n’est pas une ode au bon goût. Rien qui ne donne envie de s’attarder devant ce « spectacle » daté. Là encore, les goûts et les couleurs, ça se discute.

Chevrolet Aveo

L’ergonomie, elle, est plutôt honnête, si ce n’est la manipulation de l’ordinateur de bord : il faut appuyer sur le bouton « Menu », sur le commodo gauche, et tourner la molette jusqu’à trouver la fonction désirée. Bof. Les commandes d’éclairage demandent un peu d’habitude : un bouton rotatif sur la planche de bord, sous l’ouïe de ventilation gauche, n’est pas d’un accès très aisé et logique. L’ambiance de nuit, bleutée et plutôt sympa, laisse apparaître l’absence de rétro-éclairage des commandes de vitres électriques, toujours utiles, notamment dans les parkings souterrains, où aux péages d’autoroute, le soir.

En matière d’équipements, rien ne manque, et le tarif en rapport est plutôt compétitif. Même si la concurrence offre, sur ses finitions haut de gamme, quelques petites attentions supplémentaires comme la climatisation automatique, voire un système de navigation. Ces deux équipements sont indisponibles sur l’Aveo LTZ, même en option. Mais l’essentiel est là : régulateur de vitesse, aide au stationnement arrière, ESP, connectique USB, système Bluetooth, rétroviseurs électriques et dégivrants, jantes en alliage, quatre vitres électriques, climatisation.

Chevrolet Aveo

Reste enfin l’espace habitable, plutôt intéressant. La découpe des portes arrières facilite l’installation d’un siège bébé et d’un enfant.  Ceux qui se plieront à l’exercice le soir pesteront contre l’absence de plafonnier à l’arrière. La modularité, elle, est mi-figue, mi-raisin. le basculement des dossiers est aisé, mais les assises restent fixes.

Highway to Lille

Chevrolet Aveo

La précédente Aveo était privée de Diesel. Nous voilà donc au volant de la plus puissante des Aveo à gazole. L’autre étant équipée du même moulin développant 75 chevaux. En soulevant le capot de notre Aveo, l’inscription Ecotec vend la mèche : la petite Chevrolet partage sa mécanique à gazole avec l’Opel Corsa, logique de groupe General Motors oblige. Le petit 1.248 cm3 offre une panoplie complète, pour réduire la consommation :  système Stop&Start, boîte à six vitesses… En version 95 chevaux, les émissions de CO2 plafonnent à 108 gr/km, contre 98 pour la variante 75 chevaux (de 14.050 à 15.150 €).

C’est le lot de la plupart des moteurs Diesel downsizés, un creux se manifeste à l’accélération sous 1.800 tr/mn. La sonorité n’est pas des plus flatteuses, tout comme le confort vibratoire. Mais la mécanique reste assez vive pour ne pas se retrouver comme deux ronds de flanc au moment de doubler. Le choix de la boîte à six vitesses est nettement plus judicieux qu’un allongement exagéré du cinquième rapport. Les relances de l’Aveo sont franches. Sur l’autoroute A1, entre Arras et Lille, l’enclenchement de la sixième vitesse permet un régime moteur (environ 2.500 tr/mn à 130 km/h) et donc un bruit stabilisés qui bénéficient à la consommation. Le changement de vitesses n’est pourtant pas une punition : la commande de boîte, sans mérite particulier, est nettement plus agréable que dans une Clio dCi 90.

Chevrolet Aveo

L’amortissement de l’Aveo n’appelle pas la critique : la voiture est confortable, même sur route bosselée et avec la monte pneumatique de 16 pouces. Il est vrai que les pneus de 205/55 font figure de sacrés boudins. La tenue de route, sans surprise, peut éventuellement souffrir d’une très légère imprécision dans la direction. L’amortissement souple et le gabarit en hausse de l’Aveo ne sont sans doute pas étrangers à ce phénomène, absolument pas gênant dans des conditions de circulation normales. Sur les petites routes de campagnes des environs d’Arras, on ne retrouve pas, dans le comportement de l’Aveo, le côté incisif que laisse suggérer son look.

En ville, le maque de souplesse de la mécanique et la visibilité périphérique assez moyenne sont notables. Mais pas rédhibitoires. Menée sans excès ni nervosité sur un parcours mixte, l’Aveo VCDI 95 saura se contenter de 6,4 l/100 km. Une valeur honnête dans la mesure où le poids de l’auto flirte avec les 1200 kilos.

A l’épreuve du froid

Chevrolet Aveo

Un essai en plein mois de février, on se doutait qu’on n’allait pas utiliser la climatisation souvent. Bingo ! La Chevrolet Aveo a rarement connu de températures positives. Entre -6 et -9 degrés… Ca caille sévère… et ça joue sur le fonctionnement de l’auto. Au niveau du système Stop&Start, tout du moins… Jusqu’à -11 degrés la nuit. Chouette, en voilà une belle couche de givre blanc qui recouvre la robe gris acier de notre Chevrolet Aveo. On finit par bénir les minuscules surfaces vitrées : c’est moins de temps à se peler les miches en jouant du grattoir. Démarrer un moteur Diesel après une nuit au frigo, il ne fera pas de vocalises… C’est vrai pour la plupart des autos. C’est donc le cas pour l’Aveo, assez vibrante et rugueuse… à chaud. Alors pensez, au saut du lit… A froid, les sifflements du turbo sont d’ailleurs assez perceptibles, et finissent par s’évanouir quand la bête est à température.

Le système Stop&Start qui équipe en série la Chevrolet Aveo 1.3 VCDI 95, comme beaucoup d’autres, ne fonctionne pas quand les températures sont basses. Ou alors la voiture doit avoir roulé un bon moment, et avoir suffisamment monté en température. Ce « défaut » n’est pas propre à l’Aveo. Dommage, c’est justement quand il fait froid que les moteurs consomment un max. Et une petite coupure aux arrêts ne serait pas de refus.

Chevrolet Aveo

Quoi qu’il en soit, il faut obligatoirement enclencher le mode « Eco », par un bouton situé entre les deux sièges, pour faire entrer en action le Stop&Start. Pas de mauvaise surprise, quand toutes les conditions de bonne température sont réunies, le moteur se coupe à l’arrêt, au point mort. Une indication au compte-tours rappelle que le Stop&Start est actif, et que le contact n’est pas coupé : l’aiguille descend à la graduation entre 0 et 1.000 tr/mn. Un rappel visuel qui ne doit pas faire oublier de mettre le pied sur le frein. Plutôt efficace et bardé de sécurité, le système rappelle autrement aux étourdis qu’il est toujours en action : quand la voiture est au point mort (après une manoeuvre de stationnement, par exemple), que le moteur s’arrête logiquement, et que le conducteur retire sa ceinture de sécurité puis ouvre sa portière, le moteur s’ébroue de nouveau. Avec la technologie galopante à bord des autos, les pense-bêtes doivent se multiplier, eux aussi.

Pour faire les courses

Chevrolet Aveo

Sa fierté de voiture au badge américain dût-elle en souffrir, nous n’emmènerons pas, pour le dernier jour du test, la Chevrolet Aveo sur la 5e Avenue, à New York, ou sur Sunset Boulevard, à Beverly Hills. Ce sera centre Leclerc, Dainville. Au moins pour tester la capacité d’accueil du coffre. Avec 290 litres annoncés, la soute de la Chevrolet est plus vaste de deux litres que celle d’une Renault Clio, bien placée dans la catégorie. A l’ouverture du hayon, surprise ! « Le coffre est ridicule. J’ai mis mon paquet de BN, mon appareil photo et il n’y a plus de place« , avais-je répondu par mail, avec mesure, à un collègue qui me demandait ce que je pensais de « mon » Aveo. Je n’avais pas pris la peine de fouiller à droite et à gauche pour étudier les subtilités de cet espace a priori réduit.

Avec les indications de ce même collègue, force est de reconnaître que le jugement est un peu moins sévère. Le coffre de l’Aveo est équipé d’un plancher à deux niveaux. Le plus élevé étant affleurant avec le seuil de chargement. L’astuce, c’est que pour bénéficier de la capacité maximale, il n’est pas nécessaire de laisser le plancher amovible chez soi : il se range dans le fond du coffre. C’est simple comme bonjour, pratique et bien vu… mais disponible uniquement (en série) sur la finition LTZ.

Chevrolet Aveo

J’avoue avoir fait ma tête de con : dans l’absolu, les dimensions du coffre, même sans ôter le plancher, est largement suffisant pour un usage quotidien, et l’Aveo se sort avec les honneurs de l’épreuve du demi-plein au supermarché. En cas de besoin, le rabattement de la banquette (asymétrique), très aisé, permet de gagner un peu d’espace. Seuls les dossiers peuvent être basculés, et offrent une surface parfaitement plate avec le plancher de coffre au niveau haut. La déception vient des assises, fixes. Et si le plancher de coffre est abaissé, la surface de chargement devient moins facilement exploitable.

Le bilan

Chevrolet Aveo

Cette Chevrolet Aveo 1.3 VCDI 95 LTZ cumule donc les bons points : une technologie à la page, un design massif mais original, un confort à la hauteur, un rapport prix/équipements franchement avantageux. En contrepartie, il faudra composer avec un habitacle séduisant de prime abord, mais aux plastiques assez décevants. Ainsi armée, l’Aveo peut être une alternative plus que crédible aux ténors de la catégorie, et n’a rien d’une proposition low cost. Elle dispose de tout ce dont peut attendre le client d’une auto moderne. Elle offre l’essentiel, sans le faire payer par une technologie dépassée ou un équipement indigent.

Chevrolet Aveo 1.3 VDCI 95 LTZ

Chevrolet Aveo

  • 16.800 €
  • 1.248 cm3
  • 95 chevaux
  • Emissions de CO2 : 108 gr/km
  • Boîte manuelle 6 vitesses
  • 5 CV
  • Vitesse maxi : 174 km/h
  • 0 à 100 km/h en 12,6 sec.
Equipement de série
  • Régulateur/limiteur de vitesse
  • Jantes alliage 16 pouces
  • Climatisation manuelle
  • Système Stop&Start
  • Contrôle de trajectoire ESC
  • Aide au stationnement arrière
  • Allumage automatique des feux
  • Kit mains libres Bluetooth et prise USB
Oh oui !
  • Design avenant et personnalité
  • Rapport prix/prestations
  • Consommation raisonnable
  • Habitabilité
  • Stop&Start et BV6  en série

Oh non !

  • Moteur vibrant et audible
  • Qualité des plastiques intérieurs

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