Au revoir et merci, Saab !

PAR BENOÎT FAUCONNIER

Dans le langage courant, on appelle ça « une journée à la con », ou, plus simplement « une journée de merde ». Triste lundi 19 décembre, pour les passionnés d’automobile, comme pour les 3.700 employés de Saab. Swedish Automobile, le propriétaire de Saab, a demandé sa mise en faillite, après deux ans d’une très lente agonie. La disparition de la marque semble inéluctable.

Il y aura toujours quelqu’un pour rappeler qu’en sciant les branches mortes, on peut sauver un arbre. Mon cul, oui. La disparition de Saab ne changera rien à la face de l’industrie automobile mondiale. Il y en aura toujours pour dire que perdre Saab, finalement, ce n’est pas si grave, vu le bourbier dans lequel la marque se débattait depuis des lustres.

Mais ça fait drôlement chier d’assister à l’enterrement d’une marque à l’histoire et aux produits si atypiques. Une caractéristique qui n’a pas permis d’affoler les courbes de ventes, mais  qui a drainé une sacrée pelletée de passionnés à travers le monde. Pas suffisamment nombreux pour sauver les miches du constructeur suédois.

Certains ne se sont pas privés de foutre un petit coup de pied au cul de Saab pour l’aider à gagner son tombeau… Si Swedish automobile a demandé sa mise en faillite, acceptée par un tribunal suédois, c’est que l’accord de partenariat avec les Chinois de Youngman et Pang Da a bloqué sur un élément de taille : General Motors, propriétaire de brevets technologiques sur les 9-3, 9-5 et 9-4 X, s’est opposé au rachat de Saab par les Chinois, refusant que ce savoir-faire tombe dans les mains des Chinois.

Sans argent frais dans les caisses du constructeur, les créanciers de Saab, pas payés, avaient rompu les approvisionnements et obligé l’usine de Trölhattan à interrompre la production mi-2011. Au pire des moments : pile-poil au lancement de la 9-5.

Saab, née en 1937, avait été rachetée totalement en 2000 par General Motors, qui n’a jamais vraiment mis les moyens nécessaires au développement de Saab. En 2009, GM a voulu se séparer de Saab. La procédure et les méthodes de GM avaient laissé pensé à une mise à mort plutôt qu’à une cession.

C’est finalement Spyker qui avait sauvé Saab début 2010, l’empochant pour 400 millions de dollars. Mais jamais Saab n’a réussi à remonter la pente, malgré l’arrivée de la 9-5, développée du temps où elle vivotait encore sous la coupe de General Motors.

Aujourd’hui, il existe toujours un espoir de reprise de Saab, tant que la liquidation n’est pas prononcée, et effective. Hypothèse fortement compromise, car à l’heure actuelle, seuls les Chinois semblent en mesure de récupérer les cadavres de l’industrie automobile occidentale.

L’obstruction est étrange. Et, tel le scorpion qui se pique, entouré de feu, GM a déjà montré qu’il préférait « tuer » Saab plutôt que de l’aider à ouvrir une quelconque issue de secours.

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