Nissan Juke R : attention, décalage immédiat

PAR BENOIT FAUCONNIER, à Marbella

Ne la montrez surtout pas à Batman. Il pourrait la trouver tellement à son goût, pour se faufiler dans les rues embouteillées de Gotham City. La Nissan Juke R semble taillée pour les super héros de comics. Elle est pourtant bien réelle. Ce pur délire d’ingénieurs et de gens du marketing, restera sans lendemain. Une citadine reposant sur une plate-forme de la supersportive GT-R, est-ce bien raisonnable ?

Imaginez une Volkswagen Polo reposant sur des dessous techniques de Porsche 911 turbo. Délirant, non ? Chez Nissan, la question ne se pose pas. Ou plus. Une Juke basée sur une GT-R de 485 ch… c’est possible ! Cest la Juke R, qui a tant affolé le web. Le voilà, enfin, le monstre !

Quel cheminement a conduit les ingénieurs à oser le mariage entre deux engins qui cohabitent dans la gamme, à chaque extrémité ? « On avait le Juke en train de pousser, en avril-mai, les chiffres de ventes continuaient à monter. On s’est dit que ce serait dommage de ne pas utiliser cette personnalité si forte« , explique Thomas Deloison, chef de produit Juke à la direction du marketing de Nissan Europe. Ca, c’est la version officielle…

L’officieuse, à nous de l’imaginer. Le cadre : un séminaire très arrosé, chez Nissan. Et ce pari à la con, du gars du marketing à deux grammes, à l’endroit d’un ingénieur : « Hé, t’es pas cap de mettre un moteur de GT-R dans une Juke… » Chiche… Et « ils » l’ont fait. Les gens du marketing, donc, les ingénieurs du centre de Cranfield, et RML, une écurie anglaise de sport auto.

Le moteur (V6 bi-turbo de 485 chevaux), les trains roulants (quatre roues motrices) et le chassis sont ceux de la GT-R, sur lesquels a été posée une caisse de Juke, qui conserve ses dimensions d’origine, à quelques centimètres près.

Une « cage », qui fait partie du chassis, renforce la structure. Les suspensions et les points d’attache sont ceux de la GT-R, ce qui nécessité des modifications sur la caisse invisibles à l’extérieur.

Ce qui se remarque, en revanche, c’est le traitement aérodynamique, plutôt tape-à-l’oeil : bas de caisse modelés, jupes avant et arrière, où sont logés les deux sorties d’échappement, au même endroit que sur la GT-R, et deux énormes demi ailerons qui coiffent la lunette arrière. C’est du brutal.

Les jantes de 20 pouces sont celles de la GT-R. L’habitacle, lui, reprend la plupart des éléments de la… Juke. Avec deux places seulement. Des baquets plutôt évocateurs.

Les performances de la Juke R n’ont pas encore été mesurées. L’assemblage de la voiture a été terminé la semaine dernière. « Elle roule« , assure Thomas Deloison, qui brise un peu le rêve quant au potentiel de son bébé : « les performances devraient être inférieures à celles de la GT-R. La Juke R est plus lourde, à cause des renforts. »

Un petit test sur le Nurburgring paraît indispensable… mais pas tant que ça. Cette Juke R est un bijou qui vaut de l’or. Seuls deux exemplaires seont construits. L’un avec conduite à gauche, l’autre avec conduite à droite.

Quant à songer à une production en série… C’est non. Même en mesurant l’enthousiasme qui a suivi la présentation de la Juke R, qui fait furieusement penser au Renault Espace F1, qui logeait en 1994, dans une caisse de monospace, un V10 de 650 chevaux.

485 chevaux dans une Juke, ça fait à peu près le même effet, et ça envoie du pâté. Grain de folie ? Coup de génie ? Le concept d’auto décalée jusqu’à sa version ultime, ça fiche vraiment du baume au coeur !

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