ESSAI – BMW 118i, la joggeuse en costard

La deuxième fut donc la bonne. Après une première tentative peu fructueuse d’ouverture de la gamme par le bas, avec la Série 3 Compact, BMW s’est remis au boulot pour sortir, en 2004, la Série 1. Pas la peine de sortir de Saint-Cyr pour penser que BMW semble satisfait du succès de cette baby-Béhème, vendue à plus d’un million d’exemplaires en sept ans : la deuxième génération reprend les principaux traits stylistiques et de caractère de sa devancière, les peaufine et les remet au goût du jour.

BMW Série 1

Le sujet a toujours été épineux, pour les constructeurs habitués à naviguer dans l’univers du luxe. Comment décliner une entrée de gamme sans vendre son âme ? Exercice périlleux par excellence. Mercedes s’est taulé avec la première Classe A. Audi s’est étalé avec l’A2. BMW n’a pas fait le fier avec la Série 3 Compact. La Série 1 a remis les pendules à l’heure… en prenant des risques, au niveau du style. Et en risquant les quolibets quant à un niveau de finition, plutôt moyen. Mais l’affaire a été vite entendue. A tel point que la nouvelle génération de Série 1 ne tourne pas le dos à son ancêtre.

Pas de rupture de styles intérieur et extérieur. BMW a voulu rendre sa Série 1 immédiatement reconnaissable. Capot long, porte-à-faux courts, habitacle visuellement renvoyé vers l’arrière… et vers le souvenir de la Série 1 première du nom. La première ne paraît pas démodée pour autant ; simplement plus petite. La nouvelle Série 1 gagne 8,5 cm en longueur (4,32 m) et 1,7 cm en largeur. Rien en hauteur. La voiture paraît étirée par quelques astuces stylistiques dévoilées par le designer Nicolas Huet. La personnalité reste, même si la poupe provoque des réactions mitigées. Le coffre gagne 30 litres (360 litres), et la place aux genoux, à l’arrière, 2 cm.

Un rapide tour du propriétaire confirmera que vocation familiale et Série 1 ne font pas toujours bon ménage. On est moins à l’étroit qu’avant, mais ce n’est pas encore Byzance. En revanche, l’habitacle a nettement progressé en qualité perçue. Les plastiques  ingrats sont désormais rares. L’énorme écran central de 8,8 pouces, avec la coûteuse option Navigation Professionnal, participe à cet effet de montée en gamme. Dommage qu’il ne soit pas escamotable.

Mention bien pour les touches de l’autoradio : il suffit de les effleurer pour voir apparaître leur signification sur l’écran central. La molette de l’IDrive, elle, est devenue aussi simple à manipuler qu’un jeu d’enfants. A condition de s’y retrouver dans les menus et sous-menus, aussi épais que l’annuaire des milliardaires d’Arabie Saoudite.

Rien à redire sur l’instrumentation, dont la clarté paraît immuable. Les rappels d’indications du GPS, entre les deux compteurs, sont une assistance précieuse. Les autres aides à la conduite sont elles aussi suffisamment claires pour ne pas brouiller la lecture. C’est notamment le cas des conseils distillés lorsque l’on enclenche le mode ECO PRO, d’une pichenette sur l’interrupteur à gauche du levier de vitesses.

ECO PRO, Comfort ou Sport (voire Sport +), ce sont les trois lois de gestion électronique proposées sur toutes les Série 1. Diablement efficace pour chasser le moindre gramme d’émission de CO2. La sélection influe sur la réponse à l’accélérateur, le changement des rapports de boîte, la gestion de certains équipements, comme la climatisation, ou le chauffage des sièges. Pas ingrate, la Série 1, avec l’ECO PRO enclenché, indique le nombre de kilomètres gagnés par un conducteur qui mène sa monture en souplesse.

Outre le poids contenu entre deux générations, le système Stop & Start de série et la récupération d’énergie au freinage participent aux bons résultats de la Série en émissions de CO2. Plus surprenant, la nouvelle boîte automatique à huit rapports participe elle aussi à la chasse au gaspi. Une 120d de 184 chevaux est homologuée pour 122 grammes en boîte manuelle à six rapports, et pour 116 grammes avec la BVA 8.

A l’usage, cette boîte unique dans ce segment de marché est une vraie crème.  Douce, transparente, rapide. Même avec le mode impulsionnel qui nécessite une petite gymnastique, pour les non initiés : il faut tirer le joystick vers soi pour passer un rapport, et pousser pour rétrograder. Pour les plus joueurs, sachez que même en mode impulsionnel, la boîte passera le rapport supérieur si le régime moteur est maintenu près du maxi un peu trop longtemps.

Cette boîte serait plébiscitée si son tarif n’était pas aussi élevé : 2.200 €, ça commence à chiffrer. Mais, sur la 118d, ça permet de se passer des désagréables vibrations du levier de vitesse au point mort, et au redémarrage, avec le Stop & Start !  Elle est du reste très en accord avec la philosophie de la voiture : à la fois dynamique et, c’est une surprise, confortable. Oui, elle est confortable, la nouvelle Série 1, même avec la suspension sport. Jusqu’à atteindre un compromis confort/tenue de route qui frise l’excellence.

Le nouveau moteur essence qui équipe la 118i mérite lui aussi une excellente note. Souple, discret, même un peu trop, il accepte sans broncher les montées en régime et des chronos plutôt flatteurs. C’est qu’il en faut, du savoir-faire, pour tirer 170 chevaux d’un 1.598 cm3 turbocompressé, tout en maintenant un niveau de consommation sage. Comptez une moyenne de 7 l/100 en utilisation raisonnable. Autour de 9 litres en asticotant l’accélérateur.

En émission de CO2, cela se traduit par 137 gr/km pour une 118i 170 chevaux à boîte automatique à huit rapport. C’est deux grammes de plus qu’une Renault Clio 1.2 16V 75 chevaux.  Une belle carte de visite qui ne bousculera pas l’hégémonie des 118 et 120d.

Les autres nouveautés se situent dans l’articulation de la gamme, qui compte trois niveaux de finition : Premiere, Lounge et Lounge Plus. Deux « lignes » baptisées Sport et Urban Life, viennent se greffer à la finition Lounge. Leur dénomination est suffisamment claire pour désigner les publics visés, et le contenu. Les éléments de décoration diffèrent : noir et rouge pour la Sport ; noir et blanc pour la Urban Life.

Petite innovation, BMW offre un équipement gratuit à chaque acheteur de Série Sport ou Urban Life :  direction sport, suspension sport ou ciel de pavillon anthracite pour la Sport, ou accès confort (sans clé), caméra de recul ou système Park Assist (la voiture fait un créneau toute seule à condition d’avoir des espaces de 60 cm devant et derrière) sur la Urban Life. Laquelle se distingue par ailleurs par un éclairage intérieur par leds plutôt sympa.  BMW  a estimé que cette politique de personnalisation, assez branchée, permet d’afficher 6.500 combinaisons possibles.

Cette « générosité » cache une politique tarifaire toujours baraquée. C’est quand même misérable d’avoir à passer par la case « Options » pour s’offrir des jantes alu 17 pouces sur une 118i Sport à 31.900 € (montée en jantes alu 16 pouces d’origine). Triste aussi de ne pas disposer en série d’une climatisation automatique sur le deuxième niveau de finition Lounge (à partir de 27.250 €).  Disposer d’une Série 1 honnêtement équipée pour moins de 30.000 €,même avec le petit 1.6 turbo essence de 136 chevaux relève de la mission impossible.

Le bilan : La nouvelle BMW Série 1 reste fidèle à sa devancière, en conservant un style reconnaissable dans la catégorie, et une certaine sportivité. La qualité de finition est en net progrès. Plus surprenant, le confort devient un atout de la Série 1. Le rapport puissance/consommation des moteurs reste bluffant, même en essence, et avec l’excellente boîte automatique à huit rapports.  Le pétillant 1.6 turbo de 170 chevaux est pétri de qualités. Il mériterait une sonorité un peu plus évocatrice. Les tarifs, ainsi que ceux des options, restent costauds.  

BMW 118i Sport (BVM6)

  • 31.900 €
  • 1.598 cm3
  • 170 chevaux
  • Emissions de CO2 : 134 gr
  • Boîte manuelle 6 vitesses (automatique 8 vitesses en option)
  • Vitesse maxi : 225 km/h
  • 1.000 m départ arrêté : 27,9 s

Equipement de série

  • Jantes alu 16 pouces
  • Aide au stationnement arrière
  • Climatisation automatique bi-zone
  • Régulateur de vitesse
  • Volant cuir
  • Accoudoir central coulissant
  • Détecteur de pluie et allumage automatique des feux

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