ESSAI – Renault Koleos 2.0 dCi 150, pour sauver les apparences

Après à peine trois ans de carrière, l’heure du restylage a sonné pour le Renault Koleos. Arrivé sur le marché des SUV compacts après la bataille, le Koleos a péniblement ramassé les miettes laissées par les ténors de la catégorie, dont le Toyota Rav 4. Quand Volkswagen écoule en moyenne, chaque année, sur le marché français, plus de 10.000 Tiguan, le Koleos trouve 3.500 preneurs. Renault Koleos

Avec cette nouvelle mouture, Renault entend flirter avec les 5.000 ventes annuelles. Pour tenter d’oublier le cruel manque de personnalité de la première génération, les modifications touchent principalement la face avant : les optiques désormais horizontales donnent au Koleos un faux air de Nissan Qashqai. La calandre s’ouvre, et reprend les barrettes chromées de la Latitude. Laquelle ne favorise pas le lien de parenté avec les autres modèles de la gamme européenne de Renault.

Il est légitime de se demander pourquoi le Koleos ne bénéficie pas du « nouveau style Van Den Acker ». Les réponses de Renault sont multiples. La première Renault « Van Den Acker », c’est la Twingo 2 phase 2. Puis le projet Koleos (vendu également avec le badge Samsung)  était déjà figé avant le coup de stylo magique des équipes du Néerlandais. Enfin, cette calandre, c’est la signature et l’identité des Renault à vocation mondiale, comme la Latitude, qui feront l’essentiel de leur carrière hors Europe. Pas spécialement gâtés, les acheteurs des pays émergents…

Pas très raffiné, tout ça, et sans doute pas suffisant pour contrer les Huyndai IX35 et Kia Sportage, aux dents longues et très acérées, qui, eux, ne font pas dans l’eau tiède.

Les rétroviseurs extérieurs gagnent des répétiteurs de clignotants à leds. Satu quo à l’arrière, avec une lunette arrière inclinée, quand la concurrence reste fidèle à la quasi verticalité. Mais le Koleos propose toujours l’ouverture du hayon en deux parties, plutôt pratique, laissant apercevoir un coffre profond, mais pas très haut. Deux manettes immédiatement accessibles permettent de rabattre la banquette arrière sans effort. Bien vu.

Dans l’habitacle, seuls les éléments de décoration et la sellerie évoluent. Siège en tissu et inserts couleur alu sur le tableau de bord, dans la finition d’entrée de gamme Carminat ; cuir et déco noir laqué dans le haut de gamme Exception. Dans l’une comme dans l’autres, l’utilisation de certains plastiques légers, dans la partie basse de la plache de bord, ou pour la coiffe du GPS, détonne. Une coiffe qui, cerclée de plastique couleur alu, se reflète dans le pare-brise. Agaçant.

Le bloc d’instrumentation, malgré les compteurs redessinés et rétroéclairés en blanc,  paraît dépouillé. Mais ce n’est pas grand chose à côté de la petite console qui court entre les deux sièges relève du puzzle : les commandes du GPS et du frein de parking électriques semblent avoir été ajoutées à la va-vite, sans souci aucun de design.  Et que dire du miroir panoramique rétractable, qui permet d’avoir un oeil sur les places arrières ? Il n’est pas orientable, et on ne misera pas un sesterce sur sa solidité.

Heureusement, quelques raffinements font oublier qu’un Tiguan est autrement plus soigné : le rapport prix/équipements du Koleos s’inscrit dans la très bonne moyenne du segment. La carte d’accès mains libres, le GPS, le régulateur de vitesse, le frein de parking assisté, la climatisation automatique bizone et les jantes alu 17 pouces sont livrés de série dès la finition Carminat, facturée 28 400 € avec le moteur dCi 150 chevaux.

Suffisamment souple pour évoluer sur un filet de gaz en circulation urbaine, il ne rechigne pas à grimper jusqu’à 4000 tours pour arracher les presque 1700 kilos du Koleos, disponible en deux roues motrices. Une définition qui a l’avantage de passer outre les 750 euros de malus écologique. Avec 148 grammes, les émissions de CO2 du Koleos dCi 150 4X2 affichent une baisse de 25 % par rapport à l’ancienne version. La récupération d’énergie au freinage, des pneus « verts » et des rapports de boîte allongés permettent de grapiller 17 grammes. C’est toujours ça de pris.

En utilisation courante, il est aisé passer largment sous les 8 l/100 de moyenne. D’ailleurs, la Koleos incite à une conduite coulée. Le confort, excellent, est un précieux allié. La suspension est prévenante, même avec des jantes  largement dimensionnées. Saignées et dos d’âne ne sont qu’une formalité. Les sièges assurent maintien correct, et préservent les vertèbres. Assurément la qualité première du Koleos, d’autant que la mécanique, bien que pas toujours discrète, épargne les désagréables vibrations.

Le Koleos, qui reste un engin lourd et haut sur pattes,  n’a rien d’une ballerine et n’aime pas être malmené. L’amortissement moelleux a son revers de médaille : les prises de roulis sont importantes, et les changements d’appui secs nécessitent un chouia de vigilance.

La transmission intégrale (qui représente en France 70 % des ventes de Koleos) n’y change rien. En mode automatique, elle fait du Koleos un deux roues motrices d’office, sauf dans les phases de démarrage, pendant quelques secondes. Le couple est automatiquement réparti vers les roues arrières en cas de conditions d’adhérence précaires.

Une aide au démarrage en côte, et une assistance à la descente en cas de forte pente  (Hill descent control) sont le petit plus de la version 4X4. La première fonction sera utile à la montagne ou dans les rampes de parking souterrain. La deuxième autorise le conducteur à lâcher l’accélérateur et les freins (pas le volant !) : le système gère électroniquement une vitesse de descente de 7 km/h maxi.

LE BILAN : Un peu plus de personnalité, mais toujours pas de quoi tomber à la renverse. Le Koleos a tout d’un bon outil, qu’il ne faut surtout pas brutaliser. Son bon rapport prix/équipement et son confort royal ne masquent pas un niveau de finition assez moyen. La concurrence est souvent plus désirable.

Renault Koleos 2.0 dCi 150 Carminat 4X2

  • 28.400 €
  • 1995 cm3
  • 150 chevaux
  • Emissions de C02 : 148 gr
  • Boîte manuelle 6 vitesses
  • Vitesse maxi : 183 km/h
  • 1000 m départ arrêté : 31.9 s
Equipement de série
  • Régulateur-limiteur de vitesse
  • Navigation Carminat Tom Tom
  • Jantes alu 17 pouces
  • Aide au stationnement arrière
  • Frein de parking assisté
  • Cartes d’accès et démarrage mains libres
  • Climatisation automatique bizone

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