A bord de la Renault Mégane RS de la brigade rapide d’intervention de la gendarmerie

PAR BENOIT FAUCONNIER – PHOTOS PASCAL BONNIERE

C’est reparti pour un tour. Comme le temps n’est toujours pas à la détente, sur les routes et autoroutes françaises, que les autorités n’en finissent plus avec d’éternels serrages de vis, la tradition des voitures rapides d’intervention de la gendarmerie est perpétuée. La grande famille des Alpine A310, Citroën SM, Peugeot 405 T16 et Renault 21 Turbo bleues vient de voir arriver le dernier rejeton : la Renault Mégane RS.

La Mégane, choisie pour succéder à une auto qui avait franchement marqué les esprits, et incarné à elle seule le ton employé pour tenter de mater les taquins du pied droit : la Subaru Impreza WRX… qui a eu, en son temps, le tort de ne pas être française. Quelle fierté bleu-blanc-rouge pour lui succéder ? Sûrement pas une Citroën, le constructeur étant infoutu de proposer une auto digne de se scouronnes mondiales en rallye. Pas mieux chez Peugeot, où même une RCZ plafonne à 200 chevaux.

Soixante-cinq Renault Mégane RS ont donc été commandées par la gendarmerie nationale pour prendre la relève des Subaru, apparemment fatiguées après cinq ans de service. L’exemplaire détenu par la brigade d’intervention rapide d’Arras contredira cette affirmation. Malgré ses 238.000 km au compteur, elle « fonctionne encore très bien« . Ce qui ne l’empêchera pas d’être poussée vers la sortie, dans six mois environ. Durant ce temps, les quatre gendarmes de la BRI d’Arras n’auront pas à disposition un, mais deux engins taillés pour intercepter les automobilistes contrôlés à au moins 170 km/h, sur les 222 km d’autoroutes (A1, A26 et A16) dont la BRI d’Arras a la charge.

La brigade vient de prendre livraison de sa Mégane RS. Une RS « classique », agrémentée de quelques options : le chassis Cup (avec différentiel à glissement limité, étriers de freins rouges et disques rainurés), les jantes alu 18 pouces noir mat, les phares au xénon et la radio Arkamys 3D. Avec la peinture métallisée, le prix public avoisine les 33.000 €. Toute équipée, une Mégane RS de gendarmerie est négociée autour de 30.000 €.

Car la préparation vaut son pesant de sesterces. Le 2.0 turbo voit sa puissance portée de 250 à 270 chevaux, à faire passer au train avant. Vitesse maxi « officielle » : 255 km/h. L’électronique embarquée, qui commande notamment la signalétique lumineuse rétractable, sur la plage arrière, les gyrophares deux tons, les feux additionnels et autres marquages (les bandes réfléchissantes passent au jaune, au lieu du blanc et rouge, pour cause d’harmonisation européenne) ont été installés chez Durisotti, carrossier industriel installé à Sallaumines, près de Lens. La plaque d’identification, près des roues arrières, est là pour le rappeler. Voilà pour le plumage. Et le ramage ?

Dès la mise en route, le 2.0 turbo brille par sa discrétion, quand la Subaru Impreza WRX distillait un raclement de gorge évocateur. Au volant, l’adjudant-chef Marc Crissovelonis, qui commande la BRI d’Arras, pose bien les mains à 10 h 10. Le marquage central, sur la jante du volant, ne lui sera pas d’une grtande utilité. En théorie, sur autoroute, les roues doivent rester droites… Sans brutalité, la vitesse de croisière, entre 150 et 170 km/h, livre un premier enseignement. L’échappement sait se montrer aussi agréable à entendre, pendant les montées en régime, que discret à vitesse stabilisée. Même à 210 km/h, une conversation sans élever la voix est parfaitement envisageable.

Pour les sensations, il faudra viser les bretelles d’autoroute, ou les voies de décélération. C’est là que la Mégane marque des points, par rapport à la Subaru, moins puissante (225 chevaux) et moins rapide (242 km/h). Chassis encore plus affûté, freinage mordant, et stabilité à toute épreuve. Pas un seul mouvement de caisse surprenant en abordant à 130 km/h une courbe limitée à 50 km/h. Posée sur des rails, la Mégane RS.

A ce train-là, les tournées des gendarmes, avec un plein, durent environ 350 km. A 250 km/h, la consommation instantanée avoisine les 35l/100 km. Il faut bien ça pour des interpellations « les plus courtes possibles« , explique l’adjudant-chef Crissovelonis… qui se souvient d’une Impreza pas toujours bien élevée, avec un turbo qui se mettait en sécurité, après une longue période à l’arrêt, et qui demandait du temps avant de redevenir opérant. Gage de fiabilité, mais pas d’efficacité.

Les gendarmes comptent aussi sur l’effet dissuasif d’une telle voiture sportive. Une « arme psychologique », entièrement dédiée à la répression. Un vilain gros mot qui n’est cette fois pas tabou s’agissant d’une BRI, qui a aussi pour mission de jouer les trouble-fête dans les Canonball ou les Go Fast.

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