ESSAI – Peugeot 508, la cousine germaine

PAR DAVY BAILLY-BASIN

La 508 vient de débarquer dans les concessions Peugeot, avec sur ses épaules un lourd fardeau : remplacer les vieillissantes 407 et 607, et viser directement la tête des ventes, en détrônant la Volkswagen Passat. Audacieux pensez-vous ? Certes, mais pas impossible. Révisez vos standards, cette berline française a du sang germanique. Qualité, pureté, efficience. C’est en ces termes que Peugeot nous a présenté la 508, lors de sa présentation, fin janvier, à Alicante, en Espagne.

Puis on nous a montré le spot publicitaire, à côté duquel vous ne pourrez bientôt plus passer, avec en guise de signature : « Quality time ». Heureusement que nous avions déjà une séance d’essai dans les pattes, sinon nous nous en serions amusés. Oui, bien sûr, la 407 avait des qualités, mais de là à dire que la 508 peut rivaliser avec la Passat, c’est un peu fort, non ? Fermez une portière de Peugeot et celle d’une Volkswagen, ce n’est quand-même pas pareil. Pas le même bruit, pas le même poids, pas la même sensation de robustesse, pas la même classe. Sauf que tout au long de la journée, les kilomètres parcourus avec le nouveau fleuron de la firme sochalienne nous avaient prouvés le contraire. Je suis prêt à mettre au défi même le plus perfectionniste des acousticiens. Au jeu de la portière, il ne pourra faire la différence.

Quand les dirigeants de Peugeot ont vu la Renault Latitude, ils ont bien ri.  Alors quoi, ça y est ? Aurions-nous enfin trouvé la Française qui saura faire trembler les Allemandes ? Peut-être bien. Il faut dire qu’avec sa 508, Peugeot veut remplacer la 407, mais également la 607. On a donc mis les petits plats dans les grands, à Sochaux, pour contenter le quadra père de famille, le patron qui veut renouveler sa flotte d’entreprise et le quinqua exigeant qui pourrait s’offrir une Audi mais qui préfère acheter Made in France. D’autant plus que Renault vient de sortir sa nouvelle berline haut de gamme, Latitude, pour succéder à la Vel Satis. Bon, je peux vous assurer (de source sûre) que si les dirigeants de Peugeot ont d’abord été inquiets, ils ont ensuite bien ri.

Face au clone de la coréenne Samsung SM5, la 508 n’a pas de quoi trembler. Ni en face d’une production d’outre-Rhin, car elle en reprend tous les ingrédients. Copier/coller jusqu’au joystick central de commande, identique à celui d’une Audi. Comme chez ses cousines germaines, la planche de bord est remarquablement finie et assemblée, sans audace de style, mais avec des matériaux agréables à l’œil comme au toucher. La joie de vivre n’est pas le maître mot, d’accord, mais tout est tellement soigné, jusque dans les moindres détails, qu’il est difficile de trouver quelque chose à redire, si ce n’est un accoudoir central qui manque d’ergonomie et de réglage.

Un salon roulant Un peu plus ferme que dans la 407 ou la 607, le confort de la 508 est lui aussi difficile à critiquer. On se sent bien dans cette voiture. Et pendant que l’amortissement avale toutes les aspérités de la route sans rechigner, l’insonorisation avale tout bruit extérieur. Cette 508 est un salon roulant. Détail amusant, on retrouve le fameux nez de coussin que l’on avait connu dans la 504. L’avant du siège peut s’avancer pour se glisser sous les genoux, petite attention suggérée par les clients… allemands !

On pourra seulement lui reprocher sa direction électro-hydraulique un peu trop dure, même si c’est pour la bonne cause, car la tenue de route est quasi irréprochable. L’ergonomie est elle aussi en nette progrès, les passagers arrières sont particulièrement gâtés (avec pour certaines versions une climatisation bi-zone). Normal, la 508 mesure 10cm de plus qu’une 407 et seulement 11 de moins qu’une 607.

Quant à l’équipement, n’en attendez pas la liste, elle serait trop longue, et surtout digne d’une berline de ce rang. A part son GPS frivole, approximatif et avare de précision (et qui plus est non-tactile), on peut noter quelques petites attentions qui font plaisir comme l’affichage « tête haute » en couleur et réglable, les multi-réglages électriques du siège, l’autoradio mp3 avec sa prise USB et l’équipement WiFi, le démarrage sans clé, etc. En revanche, côté sécurité passive, Peugeot est à la traîne. Pas d’avertisseur d’angles morts, pas d’alerte piéton, pas de régulateur de vitesse intelligent. On peut s’en passer, mais on parle de haut de gamme ou bien ?

Le regard félin Annoncé avec le concept-car SR1, en janvier 2010, le nouveau style Peugeot est incarné à 100% par la 508. La même recette sera d’ailleurs appliquée sur la nouvelle 308 dès le Salon de Genève. Finies, donc, les lignes outrancières, les grosses bouches exubérantes et les feux globuleux aussi long que le capot. Les lignes sont plus fluides, plus raffinées et plus élégantes.

La calandre flottante, est ornée de chromes et d’un monogramme Peugeot, à l’ancienne. Les feux arrière, plus fins, se parent d’une griffe à led rouge, rappelant les premiers coupés 504, tandis que la version SW opte pour une crosse rouge et blanche en hommage aux modèles des années 1990. Berline ou break, même avec des dimensions plus importantes que la 407, la 508 paraît plus fine et élancée. Et par rapport à la 607, elle apparait plus dynamique. Les porte-à-faux ont été considérablement réduits, ça aide à ne pas avoir l’air pataud mais bien assis sur la route.

Détail qui tue : les lentilles des phares bi-xenon pour donner l’aspect des pupilles de félin. Quant aux canons à led implantés dans le bouclier avant, ils rappellent là encore certaines marques allemandes. Et cette chasse au surpoids n’a pas été menée que sur le style. Soudage laser, traverse de planche de bord en magnésium, capot en aluminium et turbine de turbo en titane, on a traqué le moindre gramme dans les moindres recoins, chez Peugeot. Résultat sur la balance, par rapport à une 407, 25 kg en moins pour la berline et 45 kg pour la SW.

Heureusement, car les motorisations, sorties de la version sportive GT et son 2,2l HDi de 204 ch, sont silencieuses, coupleuses mais un peu justes. Ne cherchez pas le V6, il n’est pas prévu au catalogue. Même en se calquant sur les classiques germaniques, il ne faut pas oublier que c’est la crise. Mais, d’après les têtes pensantes sochaliennes, il n’y a que les journalistes pour réclamer des six cylindres. Soit.

Nous pardonnerons cette faiblesse, puisque la 508 parvient à allier classicisme et originalité, confort et qualité, en berline comme en SW, à l’image de la Passat, mais avec des tarifs plus modestes. Pour sûr elle va faire parler d’elle cette « cousine germaine ». Et si elle ne parviendra peut-être pas à dicter sa loi sur le marché, elle marquera, à n’en pas douter, l’histoire de la marque et sa réputation.

Fiche technique

Moteurs (4 cylindres) :

Essence : 1,6 VTi (120 ch – 7cv – 144 g CO2/km) ; 1,6 THP (156 ch – 9cv – 149 g CO2/km et 164 g CO2/km en boîte auto soit 750 € de malus éco)

Diesel : 1,6 e-HDi Blue Lion (112 ch – 6cv – 115 g CO2/km) ; 1,6 HDi (112 ch – 6cv – 124 g CO2/km) ; 2,0 HDi (140 ch – 7cv – 125 g CO2/km) ; 2,0 HDi (163 ch – 9cv – 149 g CO2/km) ; 2,2 HDi (204 ch – 11cv – 144 g CO2/km) pour la version GT uniquement.

Prix : de 22.900 à 25.650 € en finition Access ; de 26.150 à 29.850 € en finition Active ; de 28.950 à 32.650 € en finition Allure ; de 33.450 à 36.150 € en finition Féline ;  37.850 € pour la GT (+ 1000 à 1500 € pour les carrosseries SW)

Lancement commercial le 3 février pour la berline et le 10 mars pour la SW.

Les plus :

Finition – Tenue de roue – Confort

Les moins :

Direction trop ferme – Manque d’équipements haut de gamme – GPS frivole

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