CONTACT – Citroën DS20, la petite bête qui monte… et qui descend

On ne sait toujours pas quels psychotropes ont circulé dans les bureaux d’études Citroën. Un saint homme, le dealer des ingénieurs et stylistes de l’époque. Il fallait être sévèrement burné pour parier sur le devenir de ce qui allait être une des voitures les plus folles de l’histoire. Un mythe, que cet interminable capot fend-la bise, ce pavillon fuyant bordé de clignotants ronds, ces portières sans montants. Et cette suspension qui fit autant de gosses malades à en vomir que de gamins ébahis…

Citroën DS 20

Trente-cinq ans après la disparition du monument, et cinquante-cinq ans après sa naissance, que reste-t-il de cette folie automobile ? La magie opère-t-elle toujours au volant de la bagnole des médecins, des notaires, du général, de Fantomas et de quelques voyous ? La réponse, on tentera de l’obtenir au volant d’une DS 20 de juillet 1974, qui fait le bonheur au quotidien de Pierre Hugonnaud, l’homme qui a osé laisser ses clés et le volant au taulier de ce blog.

Cette DS 20, c’est, pour Pierre, la « bonne à tout faire », rôle ingrat qui incombe aujourd’hui à une flopée de 206 HDI ou de Scenic dCi. Pierre a acheté sa déesse au printemps 2007, poussé par une simple et irrésistible envie de réaliser un rêve, et d’en profiter au moindre déplacement. Un exemplaire marron déniché pour 3500 € auprès d’un journaliste de L’Equipe, amoureux d’automobile. Carrosserie un peu fatiguée (la rouille, quelle maladie…) mais état mécanique impeccable, que ne laissent même pas entrevoir les « environ » 300.000 km… qui ne figurent pas au compteur, ni les sièges en cuir noir d’origine.

On serait tenté de dire « Bonjour madame » en ouvrant la portière. Le premier coup de clé est le bon. Impossible de louper les trois énormes compteurs Jaeger (qui ne font pas l’unanimité chez les puristes) de ce tableau de bord « nouvelle génération » apparu en 1969. Davantage de plastique. Un peu moins de finesse. Tant que la suspension hydropneumatique n’a pas fait son office, que la voiture n’est pas levée, le « Stop » rouge au tableau de bord rappelle qu’il ne fat pas broncher avant son extinction. Le temps de se familiariser avec la boîte, manuelle à quatre vitesses, mais levier au tableau de bord. Première en haut, deuxième en bas. Pousser et lever pour la troisième, baisser pour la quatrième.

Une DS, ça s’apprivoise ? Peut-être. Le frein à main « au pied » libère l’auto. « Il faut ramener le volant. Sinon on peut faire des tours du rond-point de Tchécoslovaquie (c’est à Arras, NDLA) sans rien faire« , prévient Pierre, sur le ton de la boutade. Chiche. « Un truc à prendre » une fois le 1985 cm3 d’une centaine de chevaux lancé. Un bloc un peu paresseux (vu le poids de l’auto, qui dépasse largement la tonne) qui tourne assez bas. En quatrième à environ 100 km/h, il ronronne à 2000 tr/mn. Brusquer la bête est inutile. Elle dodeline dans les épingles. Sa vocation de routière est éclatante.

Contrairement à ce que laissent supposer les faibles surfaces vitrées, la visibilité périphérique est excellente. Merci les montants très fins, et le pare-brise courbé. Autant ne pas compter sur les minuscules rétros extérieurs. Le rétro intérieur, lui, est posé sur le tableau de bord. Normal : la lunette arrière est tellement basse qu’il n’aurait aucune utilité pendu au plafond.  Le tableau de bord qui recèle encore une curiosité : l’aiguille du compteur de vitesse fait pivoter sur son axe un indicateur de distances d’arrêt. « Sur sol sec » précise le disque. Inutile et tellement hors du temps…

Hors du temps, aussi, la consommation : entre 11 et 13 litres aux 100 km en moyenne, obtenus, pourtant, dans la douceur. Sauf côté freinage, qui peut surprendre : assez peu progressif et surtout… puissant ! Ca se respecte, une DS, nom de D… ! Vous vous extasiez devant sa ligne effilée ? Elle vous le fera payer en cas de crevaison à l’arrière : il faudra démonter l’aile. Le boulon qui aide à la manoeuvre, pas discret, ne paraît même pas disgrâcieux.

Allez, on ne quittera pas la DS sans jouer à faire tourner les roues, même à l’arrêt : ben quoi, c’est pas agréable de rester planté comme un gosse, devant les phares tournants ? Même couper le contact reste un plaisir. Vite, sortir de l’auto pour la regarder s’abaisser. Sacrée suspension… La DS 20, petite bête qui monte et qui descend, reste suffisamment décalée pour surprendre, cinquante-cinq ans après avoir débarqué.

5 réflexions sur “CONTACT – Citroën DS20, la petite bête qui monte… et qui descend

  1. Cette auto n’est pas réellement une DS 20 Pallas, mais une DSuper « pallasisée » : pas de boîte hydraulique, linos au sol, pas de hauts de portières en cuir, etc.
    Je vous conseille de jeter un oeil sur l’excellent site du docteur Danche pour avoir plus (beaucoup plus!) de précisions…

      • Ce n’est pas le Pallas qui est important, c’est le fait que ce n’est pas une DS mais une ID – et ça, c’est une TRES grosse différence! 🙂

      • Sur la différence ID et DS, on est d’accord. Je vais en causer avec le proprio. D’autant que le monogramme « DS20 » habille la malle arrière. Je sais que ce n’est pas un monogramme qui fait le modèle ! Merci pour les observations, en tout cas !

    • J’appele celà de la gougnaferie, c’est difficile de laisser une Dspécial,super ou super5 à l’état d’origine?
      Cuir= DS et uniquement en version PALLAS!
      DS20= à partir am70 uniquement en boite hydraulique!
      DS= ’bouton’ et NON pédale de frein!

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