La Ford Mustang Fastback, l’autre star de Bullitt

Aussi souriant qu’un proctologue de province, le lieutenant Frank Bullitt (Steve Mc Queen) est flic à San Francisco. Un flic intègre, un vrai. Ce n’est pas pour rien que son nom est donné au film de Peter Yates, qui sort sur les écrans français en 1969.

Bullitt

Bullitt a droit à une mission ordonnée par Chalmers (Robert Vaughn), un politique influent dont on se dit très vite qu’il ne doit pas être la moitié d’un sacripan : il faut protéger Ross, ex-gangster mouillé dans le crime, témoin dans un procès dans lequel est impliqué Chalmers.

Ross est « planqué » dans un hôtel miteux de San Francisco pendant quarante-huit heures. Interdiction de sortir de là, même pour aller acheter un paquet de BN au Monoprix. Mais ce qui devait arriver arriva : des types malintentionnés finissent par tomber sur la planque et criblent de balles le buffet de Ross, transporté à l’hôpital. Mais qui donc a balancé l’info secrète aux tueurs ?

Charge à Bullitt de retrouver dans un premier temps les auteurs du meurtre, sous la pression d’un Chalmers plutôt chonchon. Bullitt loupe de peu, dans les sous-sols de l’hôpital, le gars d’1,75 m, cheveux gris, de type caucasien, venu finir ses basses oeuvres et achever le témoin, qui a pourtant rendu son dernier souffle depuis belle lurette.

C’est assez pour agacer Bullitt, qui prouve aussi qu’on peut faire constamment la gueule et passer ses nuits avec la sublime (en 1968, tout du moins) Jacqueline Bisset, qui a elle-même le bon goût de rouler en Porsche 356 cabriolet.

Un jour, Bullitt, au volant de sa Ford Mustang GT 390 Fastback (V8 de 320 chevaux d’origine), s’aperçoit qu’il est suivi par deux types pas hyper souriants non plus. S’engage alors une poursuite haletante, démentielle.

Scène devenue culte, et longue de près de dix minutes à l’écran. Bullitt est dans sa Mustang. Les relous d’en face en Dodge Charger. Deux monstres qui se tirent la bourre dans les rues de San Francisco, connues pour leurs pentes et leurs paliers. Vitesse oblige, les autos n’en finissent plus de sauter comme des cabris, et de faire cirer les pneus dans les virages.

Le tout sans trop de dommages collatéraux. Du travail de pro. Même le type qui insiste lourdement, avec sa VW Coccinelle verte, en se mettant à trois reprises sur la route des Mustang et Charger, est épargné. Bon, sur ce coup-là, on est méchants : ça se voit que la même Cox a été utilisée pour plusieurs scènes, mais on ne devrait même pas le relever tellement les cascades sont au poil.

Bullitt finit par jouer les bucherons : après avoir évité quelques bastos, il se met à frotter sa Mustang Fastback contre le flanc gauche de la Charger. Et qui, finit par gagner à la fin ? Bullitt, bien sûr, qui envoie la Charger tâter de la station service, avec explosion, cadavres et caisse calcinée à la clé.

Déjà pas super nickel côté carrosserie au début du film, la Mustang de Bullitt finit avec de vilaines bosses sur son côté droit… Mais au moins, Bullitt, il est encore vivant, et peut continuer son enquête…

Causer d’une des plus belles poursuites en voiture du cinéma sans la montrer, c’est cruel, non ? Allez, attachez vos ceintures, c’est cadeau. Dix minutes sans dialogue, c’est rare… et ça permet d’écouter les autos ! C’est en cliquant ici que ça se passe.

La Ford Mustang, c’est le pony car devenu petite fiancée automobile de l’Amérique dès sa commercialisation, en 1964. Une bonne geule, un prix compétitif, qui attire les baby boomers. Disponible encoupé et encabriolet,elle gagne une carrosserie fastback (deux portes toujours,mais une vitre arrière fuyante jusqu’à l’extrémité du coffre) dès 1965.

Enrichie au fil des années de moteurs monstrueux, la Mustang est entrée dans la catégorie des muscle cars gavées de chevaux. Avant de se perdre, au milieu des années 1980, à cause d’un style insipide. La traversée du désert dure quasiment vingt ans. En 2005, Ford ressort une Mustang qui use et abuse de références stylistiques aux modèles 1964-1966. Et ça marche. Même si la Mustang a perdu de sa vocation originelle, à savoir de voiture compacte, fun et accessible.

Ford est tellement sûr de son coup qu’en 2008, il commercialise à 7700 exemplaires une version « Bullitt » qui reprend quelques attributs de la Fastback conduite par Steeve Mc Queen : peinture vert métal foncé, jantes noires et absence d’identification. La Bullitt, coup marketing discutable, n’a pas de leçon à recevoir de son aînée. Même si elle est dotée d’un V8 4.6 (boîte à cinq vitesses !) de 315 chevaux. Un peu plus de luxe, un peu moins de sauvagerie. Mc Queen, amoureux d’automobiles, n’aurait peut-être pas apprécié pour autant.

En bonus, retrouvez deux publicités Ford.

L’une pour la Mustang 2005, dans laquelle entre en scène Steeve Mc Queen.

L’autre pub a été conçue pour la Ford Puma. Dans celle-ci, notez la plaque minéralogique : JJZ 109, le même numéro que celui de la Mustang Fastback 1968. de Bullitt. En revanche, il existe aussi une belle « boulette ». De retour au garage, on voit le museau d’une Mustang vert foncé, référence à la « vraie » voiture de Bullitt. Mais celle-ci arbore le cheval au galop sur sa calandre. Alors que la calandre de la Fastback de Mc Queen, dans le film, n’en a pas !

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