EN IMAGES – Dans les allées du Mondial de l’Automobile 2010

PAR BENOÎT FAUCONNIER

Encore quelques jours pour profiter des fastes du Mondial 2010. Entre surprises et attentes plus ou moins déçues, petit panorama de ce qu’il y a à voir (ou non) Porte de Versailles.

Ils jouent à domicile, et n’ont, par définition, pas intérêt  à se louper.

Pari réussi pour les constructeurs français. Trois concept cars, et deux nouveautés majeures : CITROËN a offert du sérieux, cette année, avec les C4 et C-Zéro. Dans les deux cas, un design pas franchement affriolant. Mais, à l’intérieur de la C4, ça paraît très (trop ?) sérieux. Hormis la version e-HDI (1.6 110 ch, boîte robotisée, filtre à particules et système Stop&Start), ou encore certains raffinements technologiques (alerte de franchissement de ligne) peu de surprises, ni de quoi faire causer.

Tout l’inverse de la C-Zéro, qui s’attire les foudres uniquement par son prix : 35.000 euros. Ca ne passe pas. Citroën s’accroche aux branches en insistant sur le fait qu’au terme du premier mois de commercialisation 600 C-Zero ont été commercialisées en Europe. Essentiellement acquises par des loueurs, et des flottes.

Toujours chez Citroën, la DS4 est visible. Mais les portes demeurent fermées. A voir à Genève. Côté concepts, la Revolte et la Survolt paraissent ne pas être sorties du même bureau d’études que la Lacoste : autant les deux premières sont très travaillées, autant la troisième mise sur la simplicité.

Trois concepts à voir également chez PEUGEOT. Dont la sublime SR1 (photo), balisage, sous la forme d’un coupé, du nouveau style de la marque. Si la BB1 n’est pas transposée en série, on n’en fera pas un drame. Le pare-brise vertical, comment dire…

Les montants de pare-brise torturés sont repris sur la HR1, version soft. Le petit crossover hybride essence paraît, en revanche, trop réaliste pour faire rêver. Sa fonction n’est sans doute autre que d’habituer le public à certains gimmicks de style (formes de feux, de flancs, de calandre).

Charge à la 508, dorénavant, de coiffer la gamme. Là encore, si le genre traditionnel et statutaire est respecté tant  à l’intérieur qu’à l’extérieur, l’engin paraît de belle facture, surtout en finition GT. Faute de disposer de mécaniques ambitieuses, surtout en essence.

Chez RENAULT, l’opération séduction semble avoir pris. Il était temps. DeZir et Zoe Preview (photo), annonciatrices de lendemains qui chantent ? Le Losange paraîtrait vraiment crédible s’il s’était passé de dévoiler l’insipide Latitude. Il paraît que cette voiture pensée « mondiale » fera l’essentiel des chiffres de ventes… ailleurs qu’en Europe. Admettons. Du coup, c’est à la Laguna restylée qu’échoit le rôle de porte-drapeau de la marque. Ce n’est pas une blague.

Mais tous les regards (enfin, presque tous… bon d’accord, quelques uns…) se tournent désormais vers l’électrique. Renault a dévoilé à Paris les prix de sa Fluence ZE (pas en lice dans la catégorie des canons de beauté) : 21.300 euros (déduction faite des 5000 euros de bonus écologique) pour une version Prime Time. Et pan dans la calandre des minuscules Peugeot Ion et Citroën C-Zéro à 30.000 euros ! La Twizy, elle, sera vendu à un prix « comparable à un scooter à trois roues », dixit Carlos Ghosn. Et la déclinaison de série de la mignonne Zoe ? Le tarif d’une Clio diesel équivalente, nous promet-on…

Chez NISSAN aussi, l’électrique se fait voyante, avec la Leaf de série, et un concept urbain baptisé Townpod. Il y a des gênes de Cube, dans ce petit engin là, qui n’a pas réussi à voler la vedette à la Juke.

MERCEDES touche aussi à l’électricité, avec ses versions E-Cell., notamment sous la robe d’une Classe B. Mieux vaut, pour l’instant, aller jeter un œil du côté de la nouvelle CLS. L’une des pionnières du genre assure ses arrières : toujours très élégant, avec la finesse qui manque désormais à une Classe E.

Le voisin d’en face, BMW, dévoile une Série 6 bigrement traditionnelle. En tout cas nettement moins osée que son prédecesseur. Capot interminable, malle arrière bien distincte. Une GT probablement bien sous tous rapports, mais peut-être un peu trop classique.

L’appétit d’AUDI est une nouvelle fois palpable. Lancement de l’A1, découverte de l’A7 Sportback, et deux concept cars… Le compte y est. Plus on tourne autour de l’A1 plus on se dit que ça va se crêper le chignon grave chez les citadines Premium. La Mini est en joue. L’A7 Sportback titille de son côté la Mercedes CLS sans complexe : ligne fuyante de coupé, mais cinq portes, et une finition au diapason.

Seul souci : les cartes paraissent de plus en plus brouillées, au-dessus de l’A4. Difficile de se repérer (outre à travers les numéros) entre une A5, une A5 Sportback, une A6 et une A7 Sportback. Il y a du cannibalisme dans l’air, et un design certes léché, mais qui tourne en rond.

Mais comment faire évoluer la recette subtilement ? En dégainant les concepts Quattro et E-Tron Spyder. La première est un hommage à la première Quattro de 1980. Avec du sport, du vrai : un moteur de 5 cylindres crachant 408 chevaux. Fuck l’écologie. Si l’auto est envisagée en série, ce serit sur la base raccourcie d’une A5 Coupé. L’E-Tron Spyder, elle, est une hybride de 390 chevaux, qui peut fonctionner uniquement en mode électrique. La partie thermique est assurée par un V10 TDI de 300 chevaux.

FORD joue son va-tout, cette année, sur les nouvelles Focus et C-Max. Le monospace et maintenant disponible en version courte (cinq ouvrants classiques) et longue (deux portes arrières coulissantes). Reste à s’habituer à des profils devenus nettement plus patauds, et à des planches de bord exubérantes. Tape à l’œil, et pas franchement reposantes.

OPEL n’en finit plus de montrer l’Ampera, l’électrique qui dispose d’un petit moteur thermique, qui fait fonction de chargeur de batterie. C’est la caution écolo du Blitz. A voir aussi, une déclinaison future de l’Astra : la version GTC (le coupé).

Dans la même famille, CHEVROLET présente la Volt, cousine de l’Ampera d’Opel. Et aussi, de facture plus classique, les Cruze à cinq portes, le monospace Orlando et la nouvelle Aveo. La caution « low cost » de GM, qui commence à trouver sa place sur le marché français.

Le stand LOTUS est à lui seul une vraie feuille de route. Oubliez les pétillantes Elise, Exige… La gamme est entièrement refondue, et remet au goût du jour les Elan, Esprit, tout en proposant une toute nouvelle livrée de l’Elise, et un autre coupé, l’Elite (photo). Une grande berline de luxe, l’Eterne, permet aussi de se faire une idée de ce que sera la gamme d’ici 2015.

Un programme ambitieux, carrément réjouissant. En fait, c’est Noël avant l’heure. A un détail près : la recette stylistique est appliquée à toute la gamme. Du genre risqué, si la mayonnaise ne prend pas. Risque mesuré, certes : les nouvelles Lotus ont une pure gueule d’amour. Mais le tout est décliné de manière répétitive sur toute la gamme.

Si bien que le syndrome Audi guette, et qu’il est déjà compliqué de replacer chaque auto dans la hiérarchie de la gamme. Une préoccupation dont se foutent probablement royalement les émirs et les nouveaux riches des pays émergents.

Dans le genre scandaleux, ou ôde au plaisir sans concession, c’est selon, on retrouve LAMBORGHINI, et sa Sesto Elemento. Un engin pratiquement dédié à la course, avec sa carrosserie en carbone. Un style anguleux à souhait, une auto râblée, sauvage et prête à bondir : un régal. Le V10 de 570 chevaux suffit largement pour catapulter la bête de 0 à 100 km/h en 2,5 secondes. Le secret ? 999 kg sur la balance.

Pas le même genre de préoccupations chez FERRARI. Outre la 458 Italia, le Cheval cabré présente un engin exclusif : la SA Aperta, alias une 599 remaniée pour fêter les 80 ans de Pininfarina. Produite à 80 exemplaires (400.000 euros chacun), on ne vous fait pas de dessin sur la rareté de la bête au V12 de 670 chevaux.

Non content d’avoir transformé sa gamme (réduite à deux modèles, la XF et la baroque XJ), JAGUARcontinue sa cure d’amphétamines. La C-X75, censée célébrer les soixante-quinze ans de la marque, affiche un design de supercar (qui ferait oublier la XJ220, vieille d’une petite vingtaine d’années). Un coupé deux places plein de promesses.

La bête a droit à quatre moteurs électriques (un près de chaque roue) cumulant 780 chevaux. Jusque-là, ça va. Afin de multiplier l’autonomie par huit, Jaguar a installé deux turbines à gaz chargées de…  recharger les batteries. Vitesse de pointe promise : 330 km/h… et seulement 28 gr de CO2 rejetés par kilomètre.

S’il est une auto qui a su passer du stade de prototype à la série sans perdre de sa substantifique moelle, c’est le RANGE ROVER Evoque, connu à l’état de concept sous le nom de LRX. Niveau style, c’est kif-kif bourricot avec l’étude de style. Un coupé surélevé, pas forcément hyper habitable, mais qui affiche une de ces gueules… Un futur « must have », même si une grande part des ventes permettra de conquérir la clientèle en version deux roues motrices, diesel, et moins de 200 chevaux. Acceptable quand même.

Acceptable, aussi, la MINI Countryman. Pour le concept de pseudo familiale surélevée et un peu plus habitable qu’une Mini trois portes. Et la possibilité de s’offrir quatre roues motrices.

Pour l’histoire de la Mini des familles, on repassera. En configuration cinq places, c’est franchement limite, même si les sièges coulissent. L’idéal reste la version quatre places, avec le rail qui traverse l’habitacle, permettant à loisir d’y installer moult coûteux gadgets et rangements  parfois inutiles. Mais ça reste hype, classe, décalé et hors de prix, comme toute bonne Mini moderne qui se respecte.

VOLKSWAGEN a osé : rester conforme avec sa réputation d’extrême austérité. Les nouveaux Sharan, Touran et Passat arborent la même face. C’est-à-dire celle de la Polo. VW pousse un peu trop loin le principe de l’évolution d’un modèle. Et ça procure autant d’émotion qu’une rencontre avec un parpaing. Question qualité apparente, en revanche, rien à redire.

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