Il y a 45 ans naissait la courte histoire des roadsters Sovam

PAR BENOÎT FAUCONNIER

Quatre phares ronds comme des yeux globuleux, un pare-chocs maigre mais « souriant », un capot extra-long (rapporté à la taille de la voiture), les roues aux quatre coins, deux places et un toit amovible. Cette petite bête a quelque chose de diablement excitant. Les gênes et les joies simples du petit roadster.

Ni Matra, ni Alpine. En tournant autour, on trouve pourtant bien quelques points communs entre tous ces joujoux. Mais les Sovam ont ce supplément d’âme : elles ont tout de la petite auto artisanale.

Le papa des Sovam, c’est André Morin, qui a fait ses armes dès l’âge de dix-huit ans en re-carrossant une Citroën Traction-Avant. André Morin se lance ensuite dans la construction d’une caravane révolutionnaire. Puis dans la réalisation, au début des années 1960, à Chatillon-sur-Thouet, près de Parthenay, dans les Deux-Sèvres, de camions-magasins pour les foires et les marchés (sous la marque Etalmobil).

En 1965, Sovam (Société de véhicules André Morin) conçoit un petit coupé sur base de Renault 4, avec moteur de Dauphine à l’avant, pour l’offrir à son épouse. La voiture est présentée au Salon de Paris la même année, qui marque aussi le début de la fabrication en (petite) série. Le pare-brise est celui de la Renault Floride, inversé. D’où cette sensation de « bulle », que l’on retrouve aussi dans l’encastrement des phares.

Le toit en dur est amovible, et présente un double bossage. Certains ne manqueront pas de signaler, non sans humour, que cet élément de « design » a été honteusement copié et remis au goût du jour par Peugeot, pour sa RCZ.

Le ramage des Sovam ne vaut pas le plumage : la base roulante de la 4L, avec moteur 850 cm3, interdit toute prétentions sportives, bien que l’engin affiche un poids de moins de 700 kilos. La carrosserie est en polyester. Plusieurs évolutions sont envisagées : adoption d’un moteur Renault 1100 cm3, puis 1300 cm3.

En 1966, une Sovam pilotée par un équipage féminin relie Paris à Calcutta, puis revient à Paris. En 1967 et 1968, la concurrence est rude. Notamment avec les berlinettes Alpine. Les ventes de Sovam ne décollent pas. L’aventure « automobile » de Sovam s’arrête en 1968. Moins de 150 voitures ont été produites.

Jacques Durand, qui a participé avec André Morin à la conception des Sovam, dessine sa propre route en 1969, et fabrique, toujours sur base Renault, les Jidé. Beaucoup plus sportives, avec un faux air de Ford GT40.

Sovam, à partir de 1975, s’est replié dans la réalisation d’équipements aéroportuaires (passerelles…). La marque subsiste toujours aujourd’hui. Tout comme le souvenir des petites Sovam, entretenu par le Rétro-club Sovam : une cinquantaine d’exemplaires de Sovam seraient toujours existants, dont une trentaine en état de rouler. Le Grand-Prix automobile historique de Bressuire (79), les 3 et 4 juillet, a été une occasion de voir réunies des Sovam et Jidé.

Sujet réalisé avec l’aide précieuse de Philippe Berneux, président du Rétro-club Sovam, des membres de l’association, de Vincent Thibaudeau et de Vincent Dabin, président de Deux-Sèvres Auto Mémoire.

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