BGI et ConEnergy retenus pour la reprise d’Heuliez

PAR BENOÎT FAUCONNIER

Le tribunal de commerce de Niort a tranché ce mercredi matin en faveur du duo franco-allemand BGI – ConEnergy pour la reprise d’Heuliez.

Baelen Gaillard Industrie, associé à ConEnergy et le groupe de santé allemand Kohl, avait déposé son dossier le 23 juin, en même temps que son rival, le fonds malaisien Delamore & Owl. L’option franco-allemande s’accompagne de casse sociale : cent vingt personnes seront licenciées. Mais l’offre de BGI et ConEnergy fait état du retour à l’emploi pour quatre-vingts de ces cent vingt salariés licenciés, dans les quinze mois.

L’architecture du projet retenu prévoit la reprise de la sous-traitance automobile (emboutissage) par Baelen Gaillard Industrie, et la fabrication de voiture électrique par ConEnergy et Kohl. Les repreneurs apportent dans la corbeille 13,1 millions d’euros. L’Etat français a confirmé, par la voix de Christian Estrosi, l’apport de 10 millions d’euros, notamment par le biais du Fonds stratégique d’investissement (FSI).

Si la nouvelle est évidemment de nature à soulager les salariés, et autre emplois indirects, notamment, on se gardera de parler de « sauvetage ». L’année qui vient de s’écouler a été celle des « sauvetages » auxquels ont succédé les désillusions.

L'industrialisation de la Mia pourra continuer.

Premier « sauvetage » en date : celui promis par Bernard Krief Consulting, retenu le 2 juillet 2009 pour reprendre Heuliez, alors en redressement judiciaire depuis le 15 avril 2009. BKC est finalement incapable d’apporter les fonds nécessaires à la pérennité d’Heuliez, puis se retire.

Deuxième « sauveur », en mars 2009, le champion du ministre de l’Industrie, j’ai nommé l’industriel turc Alphan Manas, qui pose, même, au salon de Genève, pour les photographes, aux côtés de la Mia, sur le stand Heuliez. Le candidat chouchou d’Estrosi formule finalement une proposition a minima, jugée insuffisante.

Au tour de BGI et ConEnergy de redonner de l’espoir à un peu moins de 500 salariés. Du temps de l’arrivée de BKC, l’effectif à Cerizay était passé de mille à un peu plus de six cents personnes. Rien de comparable aux trois mille personnes embauchées du temps de la splendeur industrielle, où des chaînes de fabrication entières permettaient de sous-traiter pour de grands constructeurs, jusqu’à l’arrêt récent de l’Opel Tigra Twintop. Sans compter les centres d’études Heuliez, intarissables sources de propositions pour les constructeurs.

Parfois raillé, souvent décrié, le projet de développement d’une petite voiture électrique à trois places (Heuliez Friendly, devenue Mia en mars 2010) est finalement celui qui a maintenu l’attraction autour d’Heuliez… et l’arrivée d’investisseurs. La Mia focalise en partie les espoirs de la future entité (le nom d’Heuliez sera-t-il maintenu ? L’entreprise sera-t-elle morcelée ?). Sa commercialisation est espérée en juillet 2011.

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