Le choc des images, pour les Volvo S60 et Citroën Nemo (VIDEO)

PAR BENOÎT FAUCONNIER

Voilà le genre d’images dont aimeraient se passer tous les constructeurs. Celles de modèles mis en défaut en situations d’urgences. Plus un seul constructeur ne badine avec la sécurité, élément clé de l’image de marque, au-delà des positionnements stratégiques. Alors quand un dysfonctionnement est détecté, et rendu public, c’est comme si un piano chevauché par un éléphant leur tombait sur le coin du cornet.

L’un des plus célèbres, c’est le fameux test de l’élan, auquel avait échoué la Mercedes Classe A, juste avant son lancement, en 1997. La voiture avait fini sur le toit. Les images avaient fait l’effet d’une bombe, et avaient incité le groupe Daimler à revoir de lui-même sa copie : nouveaux réglages de suspension, ESP, nouvelles montes pneumatiques… Des mdifications vues également sur la Smart, présentant les mêmes caractéristiques d’un engin court et (trop) haut sur pattes. L’occasion, dès lors, de bénir les dispositifs de correction de trajectoire.

Il y a deux ans, les images de caisses broyées d’autos chinoises en disaient long sur leurs (non)capacités à protéger les occupants en cas de choc.

Le mois dernier, c’est l’ADAC (Allgemeiner Deitscher Automobil-Club), le plus puissant Automobile-club allemand, dépanneur et défenseur des automobilistes, qui manoeuvrait les dérivés particuliers des utilitaires Peugeot Bipper, Citroën Nemo et Fiat Qubo, sur un test d’évitement. L’engin « italien » (ce sont tous les mêmes, en réalité), doté d’un ESP, réussit le test à 80 km/h sans souci.

En revanche, son cousin de chez Citroën, dépourvu quant à lui d’ESP, échoue et se retrouve sur le toit. Le tout, filmé par l’ADAC, et mis en ligne sur son site Internet. L’ADAC pointant du doigt (ou de la souris) le fait que l’ESP n’est même pas disponible en option sur le Nemo. PSA Allemagne a réagi dans la foulée, indiquant que l’ESP serait proposé dès septembre en série ou en option sur les modèles à moteur Diesel, et à l’automne 2011 avec les moteurs à essence.

La vidéo du test de l’élan, avec le Citroën Nemo est visible en cliquant sur l’image ci-dessous.

Deux observations toutefois : en cas d’évitement d’urgence à 80 km/h, même au volant d’un Qubo doté de l’ESP, il n’est pas dit que l’auto reste sur la route, sans nécessairement se retrouver sur le toit. Mais les coups de volant de correction donnés par le « pilote » de l’ADAC ne sont pas à la portée de l’automobiliste lambda et peu coutumier de la chose, qui aura tôt fait, dans la réalité, de s’offrir un « tout droit » ou un freinage d’urgence probablement sans succès. Ceci étant valable pour n’importe quelle auto.

Lors de ces coups de volant, les lois de la physique reprennent le dessus : le transfert de masses et la hauteur du Nemo écrasent les pneus, à flancs hauts, provoquant l’effet de bascule. Sur sol humide, le résultat aurait peut-être été différent. Le Nemo aurait vraisemblablement chassé de l’arrière et sans doute simplement glissé, ayant pour conséquence (toujours fâcheuse, on est d’accord), un tête-à-queue.

La plupart des utilitaires et des 4X4 sont potentiellement sujets à ce type de comportement. Reste un enseignement : l’ESP paraît être un précieux allié, quelles que soient les situations d’urgence. Un nouvel outil à dompter, avec son lot d’idées reçues à balayer, comme ce fût le cas à l’avènement et la démocratisation du freinage ABS.

Volvo aussi a eu droit à ses images « choc » : une conférence de presse au cours de laquelle le constructeur a voulu démontrer l’utilité de son « City Safety », monté en première mondiale sur la S60, sensé éviter les collisions à vitesse réduite. Quand le système détecte une collision imminente, la voiture freine automatiquement.

L’ange gardien de la voiture, c’est un radar qui surveille le trafic devant elle. Le système serait prompt à réagir différemment en fonction de la vitesse. A 15 km/h, la « surassistance » de freinage permettrait d’éviter la collision. De 15 à 30 km/h, une réduction significative de la vitesse avant l’impact.

Sauf que pendant la conférence de presse, le City Safety de la Volvo S60 lancée contre un camion se montre inopérant. Et la (très) belle Suédoise de finir chiffonnée sur le bahut, la faute à un problème de batterie. Comble de malchance, dira-t-on. On imagine mal Volvo lancer sa S60 sans avoir au préalable jeté des dizaines de prototypes contre des murs.

En coulisses, ça a dû fonctionner. Mais le jour J… Encore faut-il enlever au poids de l’image le fait que la S60 était pilotée par… un mannequin. Qui n’a pas les mêmes capacités de réaction qu’un vrai conducteur en chair et en os. L’occasion, cette fois, de rappeler que chaque système est une aide supplémentaire au conducteur, mais ne doit pas s’y substituer.

Quand même embarrassant, pour Volvo, quand on bâtit une image de marque autour de cette notion essentielle qu’est la sécurité, depuis cinquante ans… Pas mieux pour le constructeur chinois, qui vient de prendre le contrôle du Suédois.

La vidéo du test du City Safe de la Volvo S60 qui finit en crash test, c’est par ici…

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