Heuliez : pas encore de reprise définitive par Brightwell, mais un protocole d’accord

PAR BENOÎT FAUCONNIER

Après deux reports successifs quant à la décision ou non de l’investisseur turc Alphan Manas de reprendre l’équipementier-carrossier Heuliez, le réponse apportée n’est pas définitive. Pas encore d’acquisition ferme d’Heuliez, mais un « protocole d’accord »  signé mardi… « en vue du rachat« . Lequel, en cas d’issue positive, pourrait être finalisé le 31 mars.

L’accord prévoit une augmentation de capital de 30 millions d’euros, générée par Brightwell, le fonds d’investissement dirigé par Alphan Manas, la Région Poitou-Charentes et l’Etat, par le biais du Fonds stratégique d’investissement (FSI). Brightwell aurait commencé à avancer les preuves de sa solvabilité en provisionnant trois millions d’euros.

Le protocole d’accord s’accompagne de la fin d’une période de négociations exclusives. Ce qui ne veut pas dire que, du côté de Bercy, les discussions sont définitivement coupées avec d’autres investisseurs potentiellement intéressés par Heuliez. Brightwell n’exclut pas non plus la recherche d’autres partenaires industriels. D’ici le 31 mars, il sera urgent d’attendre. C’est le délai que s’accorde Brightwell pour examiner des audits financier et juridique. Favorables, ils feraient pencher la balance du côté de la reprise. Et après ?

L’histoire récente du dossier de la reprise d’Heuliez fait état d’une belle déconvenue, après le soulagement suscité par l’implication de Bernard Krief Consulting (BKC), qui n’a finalement pas apporté 15 millions d’euros promis dans le capital, après l’épisode de la cessation de paiements. Le fonds français a finalement été prié de se retirer, après l’arrivée de Brightwell, candidat à la reprise alors qu’Heuliez s’approchait de nouveau dangereusement du dépôt de bilan.

Heuliez Mia au salon de Genève 2010

Chat échaudé craignant l’eau froide, l’attitude de Brightwell sera fatalement observée, si l’investisseur turc franchit le pas. Même Christian Estrosi, le ministre qui ne veut pas voir la production des Renault Clio IV partir en Turquie, mais espère l’arrivée de capitaux turcs chez Heuliez (détail sans réelle importance, il y a quand même six cents familles qui dépendent d’Heuliez, NDLA…) ne s’emballe pas : « D’ici à cette échéance (le 31 mars), il importe, malgré tout, compte tenu de l’historique du dossier, de rester prudent tant que l’opération n’est pas finalisée en totalité sur le plan juridique« .

Dans les négociations avec Brightwell, les pouvoirs publics français envisagent de conditionner leur soutien au maintien de 95 % des effectifs. Une page « emploi » forcément au coeur de toutes les préoccupations : l’industrie automobile, ces dernières années, a été régulièrement marquée par de simples rachats de savoir-faire, de brevets et de technologie. Stratégie notamment en vogue en Chine. Scénario certes alarmiste, mais pas impossible. Alphan Manas n’a pas caché son intérêt pour la production de voitures électriques en Turquie.

Heuliez est déjà bien avancé sur le développement d’un tel modèle, la Mia, présentée à Genève, et dont les commandes sont déjà ouvertes pour les premières livraisons en octobre 2010, contre un chèque de moins de 18.000 euros (hors bonus écologiques et autres primes gouvernementales).

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